Accord de Washington : ce que disent les porte-parole congolais avant le grand saut

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Ce mercredi 3 décembre 2025, à Washington, une conférence de presse tenue par Patrick Muyaya, ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, et Tina Salama, porte-parole du président congolais, a clarifié les contours de l’accord de paix RDC-Rwanda en réponse aux nombreuses inquiétudes et rumeurs qui agitent l’opinion publique.

La souveraineté minière reste inviolée

Tina Salama l’a martelé : aucune parcelle du territoire congolais n’est cédée. L’accord ne prévoit ni « bradage » des minerais congolais, ni cogestion minière, ni transformation de la RDC en protectorat déguisé. « Ce n’est pas un accord minerais contre la paix », a-t-elle déclaré. L’objectif : sécuriser les minerais pour priver la guerre de ses sources de financement, pas les livrer à l’étranger.

Selon elle, le cadre d’intégration économique qui accompagnera l’accord renforce la souveraineté congolaise en insistant sur la traçabilité, la transformation locale et la préservation des ressources pour le bénéfice des Congolais.

Justice, souveraineté, intégrité : les garde-fous de Kinshasa

De son côté, Patrick Muyaya a prévenu contre les campagnes de désinformation qu’il qualifie de “poison rwandais” et a promis que l’accord ne remettra pas en cause les procédures judiciaires en cours. Les atrocités passées ne devront pas rester impunies, assure-t-il.

Le gouvernement congolais dit vouloir un engagement sérieux pour la paix — pas un contrat mou. Le retrait effectif des troupes rwandaises, la neutralisation des groupes armés irréguliers, et la sécurité des populations sont présentés comme des conditions sine qua non.

Paix vigilante et transformation locale : les promesses de l’accord

Selon Tina Salama, l’accord de paix signé initialement en juin ouvre la voie à une “paix vigilante” et à une transformation locale des richesses congolaises. L’objectif : que les ressources minières profitent d’abord aux Congolais, dans un contexte de développement, d’emploi et de reconstruction.

La signature prévue ce 4 décembre à Washington en présence des présidents congolais et rwandais devra transformer ces ambitions en engagements concrets, avec des mécanismes clairs de mise en œuvre.

Pourquoi ce point de presse ?

Ce briefing intervient dans un contexte tendu : après la signature ministérielle en juin, des rumeurs persistantes évoquent des cessions minières, des craintes d’atteinte à la souveraineté, voire un “partage” de la RDC sous couvert de paix. Kinshasa a donc choisi de répondre, de clarifier, et d’éviter les malentendus avant l’acte final.

Le gouvernement veut s’assurer que l’opinion nationale comme internationale comprenne que l’accord vise la paix, le contrôle, et la dignité pour les populations de l’Est meurtries par des dizaines d’années de guerre.

Les défis restent énormes

Faut-il y croire ? C’est l’enjeu. À ce jour, l’accord reste un cadre diplomatique. Pour qu’il ne devienne pas une coquille vide, plusieurs conditions doivent être remplies : retrait effectif des forces étrangères, désarmement réel des milices, protection des populations, justice pour les victimes, transparence économique… Rien ne sera durable sans une mise en œuvre sérieuse et vérifiable.

Comme l’a dit un diplomate américain cité par un média : ce texte ne doit pas être une paix de papier, mais un pacte de vie pour les Congolais de l’Est.

Deldique Nsasi

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