Après Uvira, Kinshasa tranche : « Nous ne parlons pas sous la pression des balles »

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Alors que la ville stratégique d’Uvira est désormais occupée par l’AFC/M23 un mouvement que Kinshasa accuse une nouvelle fois d’être « soutenu, financé et encadré » par Kigali le Gouvernement congolais réaffirme sa position : aucune négociation ne se fera sous la pression militaire.

Un message ferme, martelé ce vendredi par le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, devant le corps diplomatique réuni à Kinshasa, dans un contexte où les offensives rebelles se sont intensifiées malgré la signature de l’accord de paix de Washington le 4 décembre 2025.

« La paix est une main tendue, pas une capitulation »

Face aux représentants des chancelleries étrangères, Guillaume Ngefa a rappelé la ligne officielle :

« Il est temps que le droit et la paix prévalent.
La RDC continuera de défendre sa souveraineté, de tendre la main pour une paix juste et durable,
mais ne négociera jamais sous la menace des armes.
Excellence, portez ce message de vérité dans vos capitales. »

Un message qui intervient alors que les autorités congolaises dénoncent une rupture unilatérale du cessez-le-feu par l’AFC/M23, seulement quelques jours après les engagements pris à Washington sous médiation américaine.

« La main tendue a été mordue »

Se substituant à la ministre des Affaires étrangères, le garde des Sceaux a insisté sur un point majeur : Kinshasa dit ne pas être en quête de confrontation, mais refuse toute forme de chantage militaire.

« La RDC ne cherche pas la guerre.
Le Président l’a répété à Washington.
La main tendue pour la paix a été mordue.
Mais la République ne se pliera pas.
Chaque centimètre du territoire sera défendu. »

Un discours qui résonne alors que plusieurs capitales africaines et occidentales appellent au respect des engagements signés début décembre engagements aujourd’hui mis à l’épreuve par l’évolution rapide de la situation sur le terrain.

Uvira, symbole d’une crise qui s’aggrave

La chute d’Uvira deuxième grande ville du Sud-Kivu et point névralgique du corridor commercial avec le Burundi marque une escalade majeure depuis la fin du retrait de la MONUSCO et le repositionnement des forces dans la région.

Selon les nouvelles données partagées par le Gouvernement :

  • plus de 200 000 nouveaux déplacés en moins de dix jours,
  • plus d’une centaine de civils tués,
  • un nombre important de blessés sans accès aux soins,
  • et des voies humanitaires coupées ou totalement impraticables.

Les autorités évoquent une crise humanitaire d’ampleur régionale, aggravée par la vague de déplacements vers le Burundi et par la paralysie des services essentiels dans plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi.

Kinshasa appelle à des sanctions contre Kigali

Pour le Gouvernement, la responsabilité est claire : les offensives post-accord violent les engagements pris devant les États-Unis, en présence du président américain Donald Trump.

Kinshasa demande :

  • des sanctions ciblées contre les responsables identifiés de la violation de l’accord,
  • une implication renforcée des États-Unis,
  • et une mobilisation internationale immédiate pour contenir l’escalade.

Punchline Team — Le point essentiel

  • Uvira est tombée, mais la ligne politique de Kinshasa ne bouge pas.
  • « Pas de négociation sous la menace » devient la colonne vertébrale de la doctrine gouvernementale.
  • La crise humanitaire s’étend, les déplacements explosent, le front diplomatique s’active.

Deldique Nsasi

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