Accord RDC–États-Unis : Kinshasa attendue sur la liste des projets prioritaires

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L’accord de coopération signé entre la République démocratique du Congo et les États-Unis prévoit un partenariat étendu dans les domaines économique et commercial, institutionnel, ainsi que de la gouvernance. Juridiquement, le texte est entré en vigueur dès le jour de sa signature.

Politiquement et opérationnellement, son application effective dépend toutefois du démarrage du Comité directeur conjoint, organe clé chargé d’identifier et de valider les projets à développer par les deux parties.


Coprésident de ce Comité pour la partie congolaise, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a rappelé le premier engagement attendu de Kinshasa. « Il nous revient, à nous gouvernement de la RDC, de fournir au Comité directeur conjoint cette liste de projets dans les 30 jours après l’entrée en vigueur de cet accord », a-t-il déclaré. Le point de départ de ce délai est fixé au 4 décembre 2025, date de signature de l’accord.


Lors d’un briefing de presse à caractère pédagogique, le ministre a évoqué plusieurs projets susceptibles de figurer sur cette liste stratégique. « Ce sera à nous de faire le choix d’y mettre soit Inga 3, la RN3, la RN4, ou une autoroute Banana–Kinshasa », a-t-il expliqué.

L’objectif est clair : utiliser le cadre de l’accord pour mobiliser des financements adaptés et transformer ces projets structurants en chantiers concrets.


Le texte de l’accord met d’ores et déjà en avant deux projets majeurs, chacun mentionné dans un article distinct : le projet Inga et le corridor de Lobito. Pour Mukoko Samba, cette référence explicite ne remplace pas la liste officielle attendue de la RDC, mais elle constitue un signal fort sur les priorités déjà partagées par les deux pays.


Le ministre insiste sur un point central : l’accord ne se limite pas à la question minière. Il s’inscrit dans une logique d’industrialisation, ce qui implique des investissements dans l’électricité, la logistique et les infrastructures. « Industrialiser la RDC, c’est résoudre des goulots d’étranglement très concrets », explique-t-il, citant l’accès à l’énergie pour les usines, les routes et ponts pour l’évacuation de la production, ainsi que les plateformes logistiques pour relier le pays aux marchés régionaux et internationaux.


À ce titre, l’accord distingue trois catégories de projets, assorties de critères précis.


La première concerne les projets stratégiques, destinés à soutenir la transformation industrielle du pays. Ils doivent créer de la valeur ajoutée, générer des emplois et renforcer les capacités nationales. Ces projets sont également appelés à consolider les infrastructures, les systèmes énergétiques et technologiques, afin de diversifier l’économie congolaise et de l’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales. Une dimension de stabilité y est également associée : soutien à la paix, à l’autorité de l’État, au développement inclusif et à l’amélioration des moyens de subsistance.


La deuxième catégorie regroupe les projets miniers à développer sur des concessions appartenant entièrement à l’État, et considérées comme libres de tout engagement. La RDC devra identifier ces concessions, avant que les deux parties ne sélectionnent des entreprises chargées de porter les projets, dans le strict respect du code minier congolais et des lois nationales. Mukoko Samba souligne ici une convergence d’intérêts : la transformation locale des minerais pour la RDC, et l’accès aux minerais critiques pour les États-Unis.


La troisième catégorie concerne les projets stratégiques qualifiés, également dans le secteur minier, mais pouvant impliquer des concessions où l’État n’est pas majoritaire. La logique est d’attirer de nouveaux investisseurs afin de développer ces projets là où les conditions le permettent.


S’agissant du calendrier, l’accord prévoit que la première réunion du Comité directeur conjoint se tienne dans un délai de 90 jours après l’entrée en vigueur. Le ministre situe cette échéance au plus tard à la mi-mars, avec une organisation possible en visioconférence ou en présentiel, alternativement aux États-Unis et en RDC.


Sur la question du financement, Mukoko Samba se veut pragmatique. « Les investisseurs viendront lorsque le Comité va commencer son travail et que les projets auront été identifiés », affirme-t-il, évoquant ensuite une démarche conjointe pour cibler des investisseurs jugés pertinents en fonction des projets retenus.


Enfin, l’accord prévoit un volet important d’assistance technique et d’appui à la gouvernance, articulé autour de deux axes majeurs : la lutte contre la corruption et le renforcement des capacités de l’administration publique, considérés comme des leviers essentiels pour garantir la crédibilité et la durabilité des investissements.

Christian Ebengo

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