Une pétition visant la déchéance de Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, aurait déjà recueilli plus de 37 signatures, selon l’initiateur de la démarche.
Le sénateur Dany Kabongo, à l’origine de cette initiative, affirme que la mobilisation continue de prendre de l’ampleur.
« Les choses évoluent normalement (…) nous sommes déjà au-delà de trente-sept signatures », a-t-il déclaré au média congolais Punchline Team, tout en annonçant la tenue prochaine d’un point de presse pour détailler la suite de la procédure.
Des propos jugés « irrespectueux » envers le chef de l’État
Au cœur de cette fronde politique : les déclarations récentes de Bahati Lukwebo sur la question sensible de la révision ou du changement de la Constitution.
Lors d’une conférence de presse la semaine dernière, le leader du regroupement Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC‑A) s’était clairement opposé à l’idée de modifier la loi fondamentale.
Selon lui, la Constitution n’est pas le problème du pays, estimant plutôt que ce sont les dirigeants qui ne l’appliquent pas correctement. Il avait qualifié le débat autour de sa révision de « faux débat », invitant les autorités à se concentrer sur les priorités de la population.
Ces propos ont été interprétés par certains sénateurs comme un manque de respect envers le président de la République, Félix Tshisekedi, considéré comme l’« autorité morale » de la coalition au pouvoir.
Pour Dany Kabongo, Bahati Lukwebo, en tant que membre du présidium de l’Union sacrée de la nation et dirigeant au sein du Sénat, aurait dû se référer au chef de l’État avant de faire une telle déclaration publique.
Une fracture ouverte dans la majorité
Les déclarations du deuxième vice-président du Sénat ont rapidement suscité une vague de réactions au sein du camp présidentiel.
Plusieurs figures de la majorité, dont Augustin Kabuya, Didier Budimbu et Christophe Mboso, ont publiquement défendu l’idée d’un changement de la Constitution.
Cette pétition pourrait ainsi ouvrir un nouvel épisode de tensions politiques au sein de la majorité, alors que le débat sur l’avenir de la Constitution continue de diviser la classe politique congolaise.
Sources vérifiables :
Déclarations du sénateur Dany Kabongo rapportées par Punchline team.
Conférence de presse de Modeste Bahati Lukwebo sur la révision constitutionnelle.
Réactions publiques de responsables politiques congolais relayées par plusieurs médias nationaux.
DN