Une Japonaise de 32 ans a récemment officialisé une union pour le moins singulière : elle s’est mariée avec un personnage virtuel entièrement généré par l’intelligence artificielle, conçu à l’aide de ChatGPT. La cérémonie, bien que symbolique et non reconnue par l’État japonais, a été diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant un vif débat au sein de l’opinion publique.
Afin de « voir » son conjoint virtuel, baptisé Lun Close, la mariée a porté des lunettes de réalité augmentée tout au long de la cérémonie. Le personnage, inspiré de son univers vidéoludique préféré, n’étant évidemment pas physiquement présent, les vœux de mariage ont été lus à haute voix par un humain, en son nom, devant les invités.
En larmes, la jeune femme a échangé des promesses symboliques et passé une bague au doigt de ce partenaire numérique, avec lequel elle affirme entretenir une relation émotionnelle profonde. Selon son témoignage, cette relation est née de simples discussions, avant de se transformer progressivement en attachement affectif, puis en engagement assumé.
Avant cette union virtuelle, elle était en couple depuis près de trois ans avec un homme. Elle explique que les échanges quotidiens avec l’intelligence artificielle lui ont permis de mettre en lumière les tensions et les limites de sa relation humaine, jusqu’à rompre ses fiançailles.
Si le mariage n’a aucune valeur juridique, la jeune femme assure se sentir plus épanouie : absence de conflits, sentiment de stabilité émotionnelle et relation qu’elle juge plus « apaisée ». Elle affirme ne plus souhaiter s’engager à nouveau dans une relation amoureuse avec un homme.
Ce cas s’inscrit dans une tendance émergente. Début 2025, une Américaine avait déjà reconnu publiquement éprouver des sentiments pour un agent conversationnel. Face à ces évolutions, OpenAI a annoncé en juin un renforcement des règles encadrant les relations entre humains et intelligences artificielles, tout en prévoyant, à partir de 2026, l’introduction de nouveaux modes d’interaction plus immersifs.
Cette situation relance le débat sur les frontières entre technologie, affect et solitude, et interroge sur la place croissante de l’intelligence artificielle dans les relations humaines contemporaines.
Grâce Diasongua