Le gouvernement congolais place la sécurité de proximité au cœur de ses priorités pour la période 2026-2030. Objectif affiché : recruter et former 90.000 nouveaux policiers en cinq ans afin de renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise (PNC) sur l’ensemble du territoire.
Cette montée en puissance s’inscrit dans la loi de programmation de la réforme policière 2026-2030, promulguée le 1er juillet 2025 par le président Félix Tshisekedi. Le texte constitue l’un des piliers du chantier de réforme du secteur de la sécurité engagé par les autorités.
Une réforme structurante sur cinq ans
Lors de son discours sur l’état de la Nation, le 8 décembre 2025, devant le Congrès, le chef de l’État avait détaillé les axes majeurs de cette réforme. Outre le recrutement massif, la loi prévoit :
– l’équipement progressif de la PNC,
– la formation initiale et continue des agents,
– la mise à la retraite d’environ 10.000 policiers,
– ainsi qu’un vaste programme de construction et de réhabilitation d’infrastructures policières.
« Il s’agit de doter la Police nationale des moyens humains, matériels et logistiques indispensables à l’exercice de sa mission régalienne », avait souligné Félix Tshisekedi.
Premières recrues, premières échéances
Dans le cadre de la mise en œuvre de cette loi, plus de 2.000 nouvelles recrues sont attendues dès 2026 au centre de formation de Kapalata, dans la province de la Tshopo. D’autres écoles de police à travers le pays devraient être progressivement mobilisées pour accompagner l’augmentation des effectifs.
Les autorités assurent que le déploiement se fera de manière graduelle, en tenant compte des besoins spécifiques des provinces et des zones les plus exposées à l’insécurité.
Sécurité, stabilisation et retour de l’État
Au-delà du simple renforcement des effectifs, cette réforme s’inscrit dans une vision globale de stabilisation des zones affectées par l’insécurité, notamment dans l’Est du pays et dans les grands centres urbains.
« À mesure que l’autorité publique se réinstalle, notre cap est clair : stabiliser durablement les espaces reconquis et organiser le retour progressif, sûr et digne de nos compatriotes », a rappelé le président de la République.
Ndobo, bras opérationnel contre la criminalité urbaine
En parallèle, le gouvernement entend consolider l’opération “Ndobo”, lancée pour lutter contre la criminalité urbaine. Cette initiative repose sur une approche de sécurité participative, intégrant l’écoute des populations, la responsabilisation des autorités locales et le renforcement des comités provinciaux et locaux de sécurité.
Reste désormais le défi central : transformer l’annonce politique en résultats concrets sur le terrain, dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes et des contraintes budgétaires persistantes.
Christian Ebengo