Est de la RDC : l’espoir vacille, la violence rattrape les civils malgré l’accord de Washington

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À peine une semaine après la signature de l’accord de Washington censé ouvrir une nouvelle ère de stabilité dans l’Est de la RDC, la réalité du terrain a brutalement repris le dessus.
La chute d’Uvira, le repli précipité des organisations humanitaires et l’intensification des combats dans la plaine de la Ruzizi rappellent que la paix, ici, reste fragile et souvent théorique.

Depuis l’entrée de l’AFC/M23 dans la ville le 10 décembre, des milliers de familles ont fui en direction du Burundi, saturant les points de passage de Gatumba et Bujumbura.
La route de l’exil, déjà empruntée à plusieurs reprises ces deux dernières années, s’impose une fois de plus comme la seule voie de survie pour les civils.

Oxfam suspend ses opérations : un signal d’alarme humanitaire

Face à l’escalade, Oxfam et plusieurs ONG partenaires ont suspendu leurs activités à Uvira, ordonnant la relocalisation urgente de leur personnel.
Les couloirs humanitaires sont devenus impraticables :
– positions rebelles mouvantes,
– bombardements sporadiques,
– routes stratégiques coupées,
– afflux massif de déplacés vers des zones déjà à saturation.

« Les habitants de l’Est attendaient un souffle nouveau. Mais l’escalade actuelle les renvoie sur les routes. Nous avons besoin de couloirs humanitaires sûrs — urgemment »,
Dr Manenji Mangudu, Directrice Pays d’Oxfam RDC.

Cette décision intervient alors que les camps de transit du Burundi notamment Bweru/Busuma, encore en construction affichent déjà des capacités insuffisantes pour absorber l’arrivée continue de populations fuyant Uvira.

Un accord de paix déjà mis à l’épreuve

L’accord parrainé à Washington par l’administration Trump devait amorcer une désescalade entre Kinshasa et Kigali.
Mais sur le terrain :

  • les affrontements se multiplient,
  • les accusations de violations de part et d’autre s’intensifient,
  • les FARDC, les Wazalendo et les forces burundaises ont perdu plusieurs positions clés,
  • la MONUSCO, en phase finale de retrait, laisse un vide sécuritaire que les groupes armés exploitent.

L’entrée de l’AFC/M23 à Uvira est devenue l’un des premiers tests grandeur nature de cet accord. Un test auquel la région n’a, pour l’instant, pas résisté.

Oxfam appelle à des mesures immédiates :

  • Mise en place de corridors humanitaires sécurisés,
  • Accès sans entrave aux zones de crise,
  • Protection renforcée des civils,
  • Mobilisation internationale urgente, alors que les besoins explosent dans l’ensemble du Sud-Kivu.

Punchline Team — l’essentiel à retenir :

  • L’accord de Washington n’a pas résisté à la réalité du terrain.
  • La prise d’Uvira déclenche une nouvelle vague de déplacements massifs.
  • Oxfam suspend ses opérations : signal d’alerte majeur.
  • Les civils payent une fois de plus le prix le plus lourd.
  • La région entre dans une nouvelle phase d’incertitude, où la diplomatie peine à suivre le rythme de la violence.

Deldique Nsasi

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