
Un cadre de l’AFC/M23, Magloire Paluku Kavunga, ancien journaliste et personnalité culturelle de l’Est, a été abattu mercredi 10 décembre 2025 dans les rues de Goma.
Plusieurs sources internes au mouvement rebelle ont confirmé l’information à PUNCHLINE TEAM et à d’autres médias locaux.
Les circonstances du tir mortel restent, à ce stade, non élucidées.
Un parcours hors norme, entre culture, médias et politique armée
Âgé de 58 ans, né le 12 décembre 1966 à Butembo, Magloire Paluku était connu bien au-delà du monde médiatique.
Journaliste, écrivain-poète, comédien, musicien, animateur : il incarnait une voix culturelle majeure du Kivu.
Il est également le fondateur de Radio Kivu 1, l’un des médias les plus influents de la région depuis le début des années 2000.
Proche de Corneille Nangaa, il avait occupé le poste de conseiller culturel et artistique au ministère de la Culture, avant de devenir directeur de cabinet dudit ministère. Après la rupture politique de 2023–2024 autour du dossier de l’AFC/M23, il avait rejoint le mouvement, prenant un rôle public au sein de son appareil de communication.
Un homme condamné, puis devenu visage civil d’un mouvement armé
En juillet 2024, Magloire Paluku avait été condamné à mort par la Cour militaire de la Gombe, dans le méga-procès visant Corneille Nangaa et 24 autres coaccusés.
Les charges portaient sur :
- crimes de guerre,
- trahison,
- participation à un mouvement insurrectionnel,
- collaboration avec une rébellion soutenue militairement depuis l’extérieur.
Son nom figurait parmi les 25 prévenus, aux côtés d’ex-officiers de l’AFC/M23 et de responsables politiques impliqués dans la structuration politico-militaire du mouvement.
Depuis fin 2024 et tout au long de 2025, Magloire Paluku était devenu l’un des visages civils de l’AFC/M23, souvent cité dans les mises à jour internes du mouvement, particulièrement depuis l’expansion de ses opérations au Nord et au Sud-Kivu.
Un assassinat qui interroge, dans une ville sous haute tension
Cette mort intervient alors que Goma vit une instabilité extrême :
- affrontements sporadiques autour de Sake et du couloir Rutshuru–Masisi ;
- pressions militaires sur l’axe Kanyabayonga–Butembo ;
- multiplication des assassinats ciblés de figures politiques, agents de sécurité et membres de la société civile ;
- opérations de contre-espionnage de plus en plus agressives dans les zones urbaines.
Selon plusieurs sources sécuritaires, des groupes armés infiltrés, des services de renseignement parallèles et des réseaux criminels opèrent simultanément dans la ville rendant chaque assassinat difficile à attribuer.
À ce stade, aucune communication officielle de l’AFC/M23 n’a détaillé :
- le lieu précis de l’attaque,
- les auteurs présumés,
- ni les motivations possibles.
Ce qu’il faut retenir
Magloire Paluku n’était pas qu’un cadre rebelle :
c’était une voix historique du Kivu, passée des studios de radio aux arènes d’un conflit devenu continental.
Sa mort ajoute une ombre de plus sur une ville déjà prise dans un enchevêtrement de guerres, de règlements de comptes et d’opérations occultes.
Rostand Kitamia