Nord-Kivu — Civils en ligne de mire, accès humanitaire étranglé

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Dans son rapport humanitaire publié ce vendredi 13 décembre 2025, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dresse un constat alarmant sur la dégradation rapide de la situation sécuritaire au Nord-Kivu.

Lubero, Rutshuru, Masisi : le front s’étend, les civils tombent

Selon OCHA :

  • Au moins 89 civils ont été tués en novembre dans le territoire de Lubero, lors d’attaques attribuées à des hommes armés, notamment les ADF.
  • Dans le territoire de Rutshuru, au moins 12 personnes ont été tuées ou blessées lors d’incidents armés récents.
  • Les combats persistants à Masisi et Walikale continuent d’alimenter une insécurité chronique et des déplacements massifs.

« Les affrontements armés se poursuivent à Masisi, Rutshuru et Walikale, provoquant d’importants déplacements de population et compromettant l’accès humanitaire », souligne OCHA.

Entre le 21 et le 30 novembre, plus de 40 000 nouveaux déplacés ont été recensés dans le seul territoire de Masisi, illustrant une pression humanitaire désormais hors de contrôle.

Accès humanitaire sous menace

Le rapport met également en lumière une dégradation sévère de l’environnement humanitaire :

  • Multiplication des braquages de véhicules civils sur l’axe stratégique Kiwanja–Kanyabayonga,
  • Risques accrus pour les équipes humanitaires,
  • Accès limité aux zones les plus affectées, rendant difficiles les évaluations des besoins et l’acheminement de l’aide vitale.

OCHA appelle à :

  • la cessation immédiate des attaques contre les civils,
  • la protection du personnel humanitaire,
  • un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave.

Un Nord-Kivu pris entre plusieurs feux

La province reste l’un des épicentres de la crise sécuritaire en RDC :

  • Les ADF, d’origine ougandaise, poursuivent des incursions meurtrières dans les territoires de Beni et Lubero.
  • Le M23, qui contrôle plusieurs entités du Nord-Kivu, demeure engagé dans des affrontements réguliers avec les groupes d’autodéfense locaux Wazalendo, maintenant une instabilité permanente.

Cette combinaison de violences simultanées alimente une crise humanitaire structurelle, marquée par des déplacements répétés, une insécurité alimentaire croissante et une vulnérabilité extrême des populations civiles.

Couloir humanitaire : toujours bloqué

En marge de la Conférence de Paris sur les Grands Lacs, fin octobre 2025, la réouverture de l’aéroport de Goma avait été évoquée comme solution pour établir un corridor humanitaire aérien.
À ce stade, aucune avancée concrète n’a été enregistrée, le M23, qui contrôle la ville, s’y opposant toujours, selon plusieurs sources humanitaires.

Punchline Team — À retenir

  • Le Nord-Kivu s’enfonce dans une crise multidimensionnelle.
  • Les civils paient le prix fort d’un conflit fragmenté et durable.
  • Sans accès humanitaire garanti, l’urgence humanitaire risque de basculer vers une catastrophe prolongée.

Deldique Nsasi

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