
Bintou Keita termine son mandat à la tête de la MONUSCO, qu’elle dirigeait depuis février 2021. Nommée dans un contexte d’instabilité persistante, elle a piloté la mission onusienne à un moment marqué par la résurgence des groupes armés, des crises humanitaires successives et l’ouverture d’un processus officiel de retrait demandé par les autorités congolaises.
Une prise de fonction marquée par des urgences immédiates
Peu après son arrivée, la cheffe de la MONUSCO a dû gérer l’éruption du volcan Nyiragongo à Goma. La mission avait mobilisé ses unités pour l’évacuation de populations, l’ouverture des routes et l’appui au rétablissement rapide des services essentiels.
Intensification des offensives armées
Au cours de son mandat, Bintou Keita a été confrontée à l’avancée du M23 dans l’Est du pays. Elle s’est rendue régulièrement dans les zones exposées pour superviser les opérations de protection des civils et coordonner les évacuations. En 2025, elle avait rencontré des représentants du mouvement à Goma dans le cadre d’efforts visant à favoriser le dialogue.
Relations tendues avec une partie de la population
La période a également été marquéel par de nombreuses manifestations hostiles contre la MONUSCO, entraînant des attaques de bases, des pertes en vies humaines et une détérioration du climat entre la mission et certaines communautés. Bintou Keita avait régulièrement dénoncé les actes de violence ainsi que l’ampleur des campagnes de désinformation visant la mission.
Mise en œuvre du retrait progressif
Sous sa direction, un plan de transition a été signé entre les Nations unies et le gouvernement congolais. La cheffe de mission a supervisé les premières fermetures de bureaux, notamment au Tanganyika et au Sud-Kivu, avec transfert d’équipements et de responsabilités aux autorités nationales. Elle avait rappelé à plusieurs reprises que la fin progressive de la présence militaire n’impliquait pas la fin de la coopération entre l’ONU et la RDC.
Priorités thématiques du mandat
Durant toute sa mission, Bintou Keita avait insisté sur la protection des civils, la participation des femmes aux processus de paix, la prévention des violences sexuelles et la protection des enfants dans les zones de conflit.
Son départ marque la fin d’un chapitre stratégique pour la RDC et pour la mission onusienne.
Une page se tourne, mais la trace de son leadership, elle, demeure.
Grâce D.