Une centaine de militaires et policiers ayant quitté leurs positions lors de la chute de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, sont actuellement jugés à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika. Les audiences foraines se tiennent depuis vendredi 19 décembre 2025 au Camp Marin, sous l’autorité du tribunal militaire de garnison de Kalemie.
Les prévenus sont poursuivis pour abandon de poste en période de conflit armé, une infraction lourdement sanctionnée par le droit militaire congolais, dans un contexte marqué par la reprise des offensives de l’AFC/M23 dans l’Est du pays.
124 prévenus devant la justice militaire
Au total, 124 éléments des forces de défense et de sécurité sont concernés par cette procédure, dont 68 militaires des FARDC et 56 policiers.
L’audience d’ouverture a été consacrée à l’identification des prévenus : 66 d’entre eux ont déjà été formellement identifiés, selon le président du tribunal militaire de garnison, le lieutenant-colonel Désiré Dionda Mukolee. Cette phase doit se poursuivre lors des audiences suivantes.
Rétablir la discipline et la chaîne de commandement
Pour la juridiction militaire, l’enjeu est clairement disciplinaire. Le lieutenant-colonel Mukolee souligne que ce procès vise à sanctionner les manquements graves aux obligations professionnelles et à rappeler les règles fondamentales de la chaîne de commandement.
« Les militaires et policiers affectés dans les zones opérationnelles ne peuvent se déplacer que sur ordre de leur hiérarchie », insiste-t-il, rappelant que toute fuite non autorisée constitue une violation du règlement militaire et policier.
Le ministère public reproche aux prévenus d’avoir quitté leurs positions sans instruction, au moment où la pression des groupes armés exigeait cohésion et respect strict des consignes.
Un signal dans un contexte sécuritaire tendu
Ces audiences interviennent alors que la situation sécuritaire reste volatile dans l’Est de la RDC, malgré les initiatives diplomatiques en cours et les appels répétés à la restauration de l’autorité de l’État. Pour la justice militaire, il s’agit aussi d’un signal dissuasif, destiné à prévenir la répétition de comportements jugés incompatibles avec l’effort de défense nationale.
En toile de fond, les autorités cherchent à renforcer la crédibilité des forces de sécurité, dans un contexte où chaque défaillance individuelle pèse sur la stabilité collective.
Punchline Team