Treize travailleurs humanitaires ont été tués, quarante blessés et plusieurs enlevés en 2025 dans l’est de la République démocratique du Congo, selon le dernier bilan publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Ce rapport fait de l’année écoulée l’une des plus dangereuses jamais enregistrées pour les acteurs de la solidarité dans la région.
Les incidents se sont multipliés dans plusieurs provinces, notamment l’Ituri, le Tanganyika, le Maniema, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où les humanitaires opèrent dans l’un des contextes sécuritaires les plus instables du continent.
Nord-Kivu : tristement en tête, mais pas seul
Le Nord-Kivu demeure la province la plus risquée pour l’aide, concentrant près de la moitié des incidents documentés en 2025. Conflits armés, embuscades, vols et entraves répétées à la circulation y ont fortement entravé l’accès aux populations vulnérables, confirmant des tendances observées par OCHA et les partenaires humanitaires tout au long de l’année.
Mais en décembre 2025, une explosion de violence au Sud-Kivu a changé la donne : cette province a alors capté 50 % des incidents signalés pour le mois, conséquence directe des affrontements et de l’insécurité croissante sur les axes de distribution de l’aide. Cette évolution confirme des rapports récents de l’ONU et de la Croix-Rouge internationale sur la dégradation rapide de la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu.
600 incidents en une seule année
Au total, plus de 600 incidents visant des acteurs humanitaires ont été recensés en 2025 dans l’est de la RDC. Ces attaques ne prennent pas toutes une forme extrême :
- les cambriolages et vols constituent la majorité,
- suivis des entraves à la circulation,
- et des actes d’intimidation ou de harcèlement.
Ce constat rejoint les analyses récentes du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de Médecins Sans Frontières (MSF), qui soulignent que les travailleurs humanitaires sont de plus en plus confrontés à des risques sécuritaires dans des zones traditionnellement difficiles d’accès.
Civils et humanitaires pris en étau
La multiplication des attaques contre les travailleurs humanitaires s’ajoute à une tendance générale : en 2025, les conflits armés, les violences intercommunautaires et les déplacements forcés ont continué d’endeuiller l’est de la RDC. Selon OCHA, ces violences ont contribué à une augmentation des besoins humanitaires, alors que l’accès à l’assistance est fréquemment bloqué par des contraintes de sécurité.
Les acteurs sur le terrain soulignent un paradoxe cruel : plus la crise s’aggrave, plus l’aide tarde à atteindre les populations, faute de garanties de sécurité pour les équipes chargées de l’acheminer.
Appel à une protection renforcée
Dans ce contexte, OCHA et les agences partenaires rappellent à tous les protagonistes du conflit leurs obligations en vertu du droit international humanitaire :
protéger les civils,
assurer la sécurité des travailleurs humanitaires,
garantir l’accès sans entrave à l’aide humanitaire.
Sans cela, avertissent ces mêmes sources, la situation risque de se dégrader encore davantage en 2026, avec un double coût : pour les populations vulnérables privées d’assistance, et pour ceux qui s’efforcent de la leur apporter.
DN