RDC : Le capitaine Mualushayi rappelé à Kinshasa après ses révélations sur la milice Mobondo, la communauté du plateau de Bateke dénonce

Spread the love
6 / 100 SEO Score

Un militaire rappelé après avoir dénoncé des implications politiques dans le conflit Mobondo, suscitant une vive polémique au Mai‑Ndombe

Kinshasa — L’annonce du rappel à Kinshasa du capitaine Anthony Mualushayi, porte‑parole des opérations Ngemba engagées contre la milice Mobondo dans l’Ouest de la République démocratique du Congo, a déclenché une onde de choc politique et sociale à travers le pays. Cette décision, intervenue début janvier 2026, fait suite à une sortie médiatique du capitaine dans laquelle il avait livré des informations sensibles sur l’organisation et le fonctionnement de ce groupe armé ainsi que sur des implications présumées d’acteurs politiques dans le soutien de cette milice.

Un rappel controversé après des révélations sensibles

Selon plusieurs sources, le capitaine Mualushayi a été rappelé en urgence par sa hiérarchie militaire quelques jours après une interview dans laquelle il avait dénoncé l’implication de proches du président Félix Tshisekedi dans le soutien aux Mobondo, tout en décrivant la milice comme une structure armée hiérarchisée, dotée de cartes et d’une organisation semblable à une rébellion.

Ces déclarations, considérées comme « fracassantes » par certains observateurs, ont été perçues par une partie de la population comme un message direct sur des responsabilités politiques possibles dans la crise sécuritaire, notamment autour du plateau du Bateke (territoire de Kwamouth, province du Mai‑Ndombe).

La communauté du plateau de Bateke monte au créneau

La nouvelle du rappel du capitaine a rapidement suscité une réaction collective de la communauté du plateau de Bateke, qui voit dans cette mesure une tentative de faire taire une voix qui dit la vérité sur les origines et la dynamique du conflit. Des chefs coutumiers, dont Stany Libie, ont exprimé leur solidarité avec le militaire et ont fermement dénoncé toute « tentative d’arrestation ou de mise à l’écart de celui qui révèle des faits gênants ».
Dans une déclaration publique relayée sur les réseaux sociaux, Libie a affirmé :

« Nous soutenons tout ce que l’armée fait pour la paix. Nous disons non à toute tentative d’arrêter le capitaine Mualushayi. Ce sont les vrais commanditaires des Mobondo qui doivent être interpellés, pas celui qui dénonce. »

Cette réaction reflète une méfiance croissante de certaines communautés locales envers les institutions, qui suscitent des interrogations sur la transparence et la gestion de la crise sécuritaire dans l’Ouest du pays.

Conflit Mobondo : un contexte déjà lourd

La milice Mobondo est impliquée depuis 2022 dans des violences armées dans plusieurs territoires du Mai‑Ndombe, du Kwango et du Kwilu. Ce groupe, largement composé de membres des communautés Yaka et parfois perçu à tort comme un conflit communautaire, a été requalifié par l’armée comme un groupe armé structuré, avec une présence organisée à proximité de zones habitées et même à l’approche de Kinshasa.

Selon des sources officielles et des analyses indépendantes, ces violences ont causé des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, contribuant à une crise humanitaire durable dans les zones touchées.

Silence des autorités, questionnements publics

Malgré l’ampleur de la controverse, les autorités militaires et gouvernementales n’ont pas encore fourni d’explication claire sur les motifs officiels du rappel du capitaine Mualushayi. Le silence entretenu alimente des spéculations et des critiques dans les médias et sur les réseaux sociaux, certains y voyant une tentative d’éviter la divulgation de liens sensibles entre acteurs politiques et groupes armés.

Vers quelles conséquences ?

Cette affaire intervient à un moment sensible du conflit dans l’Ouest congolais, où les opérations des Forces armées de la RDC (FARDC) contre les milices comme Mobondo sont cruciales pour restaurer la paix et la sécurité. La polémique autour du capitaine Mualushayi pourrait avoir des répercussions sur le moral des troupes, la perception de la transparence de l’État et la confiance des populations locales.

Jennifer Luboya/Stagaire

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *