Le président rwandais Paul Kagame est revenu, dans une nouvelle intervention publique, sur la crise entre Kigali et Kinshasa, alors que les discussions diplomatiques se poursuivent à Washington dans le cadre des efforts menés par les États-Unis, l’Union africaine et la région.
Tout en reconnaissant la possibilité d’un échange direct avec le président Félix Tshisekedi, il estime que les blocages restent « internes à la RDC ».
« Les problèmes se passent au Congo, mais les dirigeants refusent d’assumer »
Paul Kagame accuse les autorités congolaises de manquer de volonté politique pour résoudre la crise à l’Est.
« Le problème est localisé. Les problèmes se produisent au Congo. Mais il semble que les dirigeants s’en désintéressent. Ils tiennent des discours différents partout où ils vont et cherchent uniquement à imposer des sanctions au Rwanda. »
Selon lui, ces sanctions réclamées par Kinshasa ne constituent en rien une réponse aux causes profondes de la crise.
« Si vous imposez des sanctions au Rwanda, comment cela résout-il vos propres problèmes ? Comment cela rend-il à votre peuple les droits qu’il réclame depuis des années, au point de prendre les armes ? »
Le chef de l’État rwandais renvoie également Kinshasa à ses responsabilités concernant l’usage supposé de mercenaires dans la région.
La question sensible de Goma : “Allez parler à ceux qui en ont le contrôle”
À propos de la situation autour de l’aéroport de Goma, qui suscite une forte attention internationale depuis plusieurs jours, Paul Kagame a livré une réponse qui fait réagir :
« Si quelqu’un veut Goma, pas de problème. Goma est entre les mains de certaines personnes. Qu’il s’agisse de questions douanières ou de ceux qui tolèrent les intrusions, allez leur parler. »
Une référence indirecte aux zones sous contrôle du M23, mouvement que Kinshasa continue d’accuser d’être soutenu par Kigali — ce que le Rwanda nie systématiquement.
Un discours qui intervient en pleine séquence diplomatique
Ces déclarations surviennent alors que :
- les pourparlers facilités par Washington se poursuivent,
- un Accord-cadre a été signé à Doha le 15 novembre entre Kinshasa et le M23, première étape vers un cadre global,
- l’Union africaine suit de près la mise en œuvre des engagements issus des processus de Nairobi, Luanda et désormais Washington.
Dans ce contexte, les propos du président rwandais risquent de raviver les tensions narratives entre les deux capitales, au moment où la communauté internationale insiste sur un retour au dialogue, au respect de l’intégrité territoriale et à une solution politique durable.
Punchline Team