KINSHASA, 29 octobre 2025, Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe rendra son verdict ce mercredi à 14 heures dans l’affaire de l’adjudant Béanche Ebabi Bongoma Koli, jugée en flagrance pour violation des consignes militaires après la diffusion d’une photo d’elle en tenue de service aux côtés de son futur époux, dans le cadre des préparatifs de leur mariage.
Dix ans de prison requis, la défense plaide l’acquittement
L’audience de plaidoiries, tenue mardi au camp lieutenant-colonel Kokolo, a opposé le parquet militaire, qui a requis dix ans de servitude pénale, à la défense, qui a plaidé l’acquittement pur et simple de la prévenue.
Selon l’accusation, la diffusion publique d’une photo en uniforme sur les réseaux sociaux constitue une violation du règlement militaire et des consignes de confidentialité imposées aux membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
La défense, pour sa part, a soutenu que la publication de cette photo relevait d’un malentendu et non d’un acte volontaire de désobéissance.
« Je ne peux pas déshonorer l’armée que je sers depuis dix ans »
Prenant la parole en dernier, l’adjudant Béanche Ebabi Bongoma a clamé son innocence avec émotion :
« Acquittez-moi mon major, je ne peux pas déshonorer l’armée que je sers depuis dix ans. Je n’ai jamais eu l’intention de violer les consignes de ma hiérarchie. »
Elle a expliqué que la photo controversée aurait été publiée sans son consentement par le responsable du studio photo Raus, chargé de la couverture de son mariage.
« J’ai 400 invités venus des quatre coins du monde pour célébrer ce grand événement de ma vie, qui fait aussi la fierté de l’armée. Je demande à être relâchée. Je suis innocente », a-t-elle ajouté.
Un dossier qui suscite un débat de discipline et d’image
L’affaire suscite une vive attention au sein de l’opinion publique et des milieux militaires, certains y voyant un excès de zèle disciplinaire, d’autres soulignant la nécessité de préserver l’image et la rigueur de l’armée.
Dans un contexte où les FARDC s’efforcent de renforcer leur cohésion interne, cette procédure met en lumière la délicatesse du rapport entre vie privée et devoir militaire, à l’ère des réseaux sociaux.
Le verdict attendu ce mercredi après-midi pourrait servir de référence jurisprudentielle pour les futurs cas similaires au sein des forces armées congolaises.
Punchline Team | Kinshasa