Sud-Kivu : l’exode sous la contrainte après la chute d’Uvira

Spread the love
4 / 100 SEO Score

Depuis la prise d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda selon plusieurs rapports internationaux, la situation humanitaire se dégrade rapidement dans le Sud-Kivu. À Baraka, dans le territoire de Fizi, la peur s’est installée et un exode massif de civils s’intensifie en direction de Rumonge, au Burundi voisin.

Selon des données croisées d’acteurs humanitaires locaux et d’agences onusiennes déployées dans la région des Grands Lacs, des milliers de personnes ont fui Uvira et ses environs ces derniers jours, cherchant à échapper à l’extension des combats. Faute de couloirs humanitaires sécurisés, de nombreuses familles se retrouvent bloquées sur les rives du lac Tanganyika, dans des conditions de précarité extrême.

Sur les plages de Baraka, femmes, enfants et personnes âgées passent la nuit à la belle étoile, dans l’attente d’une traversée lacustre improvisée. Les départs s’effectuent à bord de pirogues de fortune, souvent sans gilets de sauvetage, sans encadrement officiel et sans assistance médicale, exposant les déplacés à des risques élevés de naufrage.

Les témoignages recueillis décrivent une population épuisée, désorientée et profondément traumatisée.

« Nous avons tout perdu. Notre seule priorité est de sauver nos enfants. Nous avons vu ce qui s’est passé ailleurs : à Kishishe, à Goma, à Bukavu. Nous ne voulons pas revivre cela », confie une mère de famille rencontrée sur les rives du lac à Fizi.

Les départs se font dans la précipitation, sans plan d’évacuation structuré ni réponse humanitaire proportionnée à l’ampleur des besoins. Les organisations humanitaires signalent un manque criant de vivres, d’abris, d’eau potable et de soins, tant du côté congolais que dans les zones d’accueil au Burundi, déjà sous pression.

La chute d’Uvira a agi comme un détonateur régional, ravivant la crainte d’une propagation des violences vers le sud de la province. Face à l’aggravation rapide de la crise, des acteurs humanitaires, des leaders communautaires et des organisations de défense des droits humains appellent à l’ouverture urgente de mécanismes de protection des civils, à la sécurisation des traversées du lac Tanganyika et à un accès humanitaire sans entrave.

Sur le terrain, l’urgence est double : fuir les armes et survivre à l’exil.


Punchline Team

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *