Tanzanie : Samia Suluhu Hassan, entre ouverture affichée et répression persistante

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Présentée en 2021 comme le visage d’un renouveau démocratique après la disparition soudaine de John Magufuli, la présidente Samia Suluhu Hassan fait désormais face à une contestation grandissante, marquée par des tensions politiques et une répression dénoncée par plusieurs organisations de défense des droits humains.

L’élection présidentielle du 29 octobre 2025, censée consolider la transition démocratique, s’est déroulée dans un climat de méfiance, d’arrestations et de violences. Selon des rapports de Human Rights Watch et d’observateurs régionaux, plusieurs manifestants ont été tués lors des rassemblements de l’opposition, notamment à Dar es Salaam et Arusha.

« Les promesses d’ouverture ont cédé la place à une logique de contrôle et de centralisation du pouvoir », résume un analyste du Centre for Strategic Studies of East Africa.
Les observateurs rappellent que malgré des signaux positifs en 2022 — libération de prisonniers politiques, dialogue avec l’opposition de Chadema, levée partielle des restrictions sur les médias —, la dérive autoritaire a repris dès 2024, à mesure que s’approchait la présidentielle.

Dans les rues, la déception est palpable. Celle qu’on surnommait “Mama Samia”, première femme à diriger la Tanzanie indépendante, avait promis de conjuguer stabilité et pluralisme. Aujourd’hui, son pouvoir s’appuie davantage sur la loyauté du parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), que sur l’adhésion populaire.

Sur le plan diplomatique, Samia Suluhu Hassan reste une figure respectée à l’international, saluée pour son rôle dans la relance de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et pour son engagement sur les questions de climat et d’égalité des genres. Mais à l’intérieur, la fracture s’élargit entre discours d’ouverture et pratiques de verrouillage.

Punchline Team

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