La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) a rendu public, le 19 novembre 2025, un rapport accablant sur les conditions de détention dans deux principales prisons de Kinshasa : Makala et Ndolo. Coordonné par Emmanuel Cole, ce document met en lumière une réalité carcérale marquée par la surpopulation extrême, la lenteur des procédures judiciaires et des conditions de vie qualifiées d’« inhumaines ».
Selon le rapport, la prison centrale de Makala demeure « au bord de l’effondrement humanitaire ». Les enquêteurs décrivent une situation stagnante malgré les alertes récurrentes : surpopulation extrême, malnutrition, accès insuffisant aux soins, décès réguliers, et tracasseries infligées aux visiteurs. À ce jour, plus de 11 000 détenus y seraient incarcérés, pour une capacité très inférieure.
À la prison militaire de Ndolo, si certaines conditions sont jugées « relativement conformes », les détenus dénoncent également la surpopulation et des délais judiciaires interminables, laissant de nombreux prévenus en détention prolongée sans jugement.
Les propos d’Emmanuel Cole : une interpellation directe aux autorités
Dans sa déclaration, Emmanuel Cole, responsable de la FBCP, insiste sur l’urgence d’agir :
« Nous voulons garantir le respect des droits des détenus, améliorer les conditions de vie dans toutes les prisons, et fermer les cachots non reconnus par la loi. »
Il rappelle que la Fondation ne se limite pas à dénoncer, mais propose un cadre concret de réformes :
« Nous recommandons une réforme profonde de la loi pénitentiaire, la création d’une direction générale des prisons et une accélération des procédures judiciaires pour mettre fin à la détention prolongée. »
Il souligne également la nécessité pour l’État de mettre fin à l’existence des cachots clandestins, un point qualifié dans le rapport de « violation flagrante des droits humains ».
Des pistes de solutions urgentes
La FBCP appelle à :
• désengorger les prisons par la construction de nouveaux établissements ;
• réduire les délais de jugement ;
• renforcer la gouvernance pénitentiaire ;
• mobiliser les partenaires internationaux pour appuyer les réformes structurelles.
Pour Cole, ces actions sont indispensables pour « restaurer la dignité humaine » derrière les murs des prisons de la capitale.
Grâce D.