L’aéroport international de N’Djili a vécu une matinée électrique ce mercredi. Le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, y a effectué une descente surprise pour inspecter les services frontaliers. Une initiative menée avec le VPM des Transports, Jean-Pierre Bemba, en exécution directe des instructions du chef de l’État.
Cette opération, saluée dans les analyses de Jeune Afrique, reprise par Reuters Afrique et commentée par plusieurs experts de la mobilité et de la gouvernance publique, s’inscrit dans une dynamique nationale visant à assainir les frontières, améliorer le climat des affaires et redonner confiance aux voyageurs.
Une inspection surprise, un message clair : “Plus aucune place pour les abus”
Sans préavis, Shabani et Bemba ont parcouru :
- les zones d’immigration,
- les postes de douane,
- les services sanitaires,
- les salles d’embarquement et d’arrivée,
- ainsi que le tarmac.
Le ton était ferme : rien ne devait être maquillé.
Le VPM a vérifié l’application stricte de l’Ordre opérationnel, ce cadre juridique qui liste les seuls services autorisés à intervenir aux frontières. Une mesure renforcée depuis la publication, en novembre 2025, de nouvelles directives gouvernementales visant à éliminer les « services fantômes » ces entités non habilitées qui multiplient les tracasseries sous couvert d’autorité administrative.
Selon des sources officielles relayées par Actualité.CD et Top Congo FM, plusieurs irrégularités auraient déjà été signalées dans des rapports internes transmis le mois dernier, justifiant la nécessité d’une inspection inopinée.
Sécuriser la mobilité et l’économie : une priorité nationale
Jacquemain Shabani n’a pas mâché ses mots :
« Les tracasseries ne sont pas de petites gênes : ce sont des obstacles économiques. »
Les pratiques abusives dans les zones frontalières affectent :
- la fluidité des déplacements,
- la confiance des voyageurs internationaux,
- les investissements,
- et la réputation du pays, alors que la RDC multiplie les engagements diplomatiques à Washington, Doha et Addis-Abeba.
Des analyses récentes publiées par Bloomberg Africa rappellent que la modernisation des corridors de mobilité est devenue un élément déterminant de la compétitivité régionale, dans un contexte où la RDC cherche à se positionner comme hub logistique au cœur des Grands Lacs.
À N’Djili, seule la légalité reste debout
Au fil de sa visite, le VPM a inspecté :
- la présence effective des agents,
- la clarté des missions,
- le respect du protocole d’accueil,
- l’organisation de la chaîne de traitement des passagers.
Message sans ambiguïté :
les services non conformes seront retirés immédiatement, comme le prévoit la Note circulaire conjointe publiée fin octobre par les ministères de l’Intérieur et des Transports.
Les voyageurs devront désormais interagir uniquement avec les services reconnus, identifiables et énumérés par l’État. Une étape essentielle pour réduire les abus financiers, la corruption de proximité et les retards injustifiés.
Une réforme qui quitte les discours pour entrer sur le terrain
Avec cette descente musclée, Shabani envoie un signal puissant aux services frontaliers :
la réforme des frontières est désormais opérationnelle, pas théorique.
Cette approche directe, inspirée des pratiques observées dans plusieurs aéroports régionaux modernisés (Nairobi, Kigali, Addis-Abeba), marque une nouvelle étape dans la volonté du gouvernement de replacer l’usager au centre, et de faire de N’Djili un véritable point d’entrée conforme aux standards internationaux.
Comme le résume un diplomate africain cité par Jeune Afrique :
« La RDC veut rompre avec l’ère des frontières opaques. Cette descente en est le symbole. »
Conclusion un avertissement clair à tous les services : la routine n’existe plus
Ce mercredi, à N’Djili, la routine a été brisée.
Et un message s’est imposé :
- La chasse aux tracasseries est officiellement ouverte.
- La complaisance administrative appartient au passé.
- Les frontières doivent fonctionner pour les citoyens, pas contre eux.
Une réforme qui, si elle se poursuit au même rythme, pourrait devenir l’un des chantiers-phare de la gouvernance sécuritaire et administrative de 2025–2026 en RDC.
Punchline Team