Bénin : Une junte militaire s’empare du pouvoir — Constitution suspendue, institutions dissoutes, frontières fermées

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COTONOU — 7 décembre 2025.
Le Bénin a basculé dans une nouvelle phase d’incertitude politique après l’annonce, vendredi soir, d’une prise de pouvoir par un groupe d’officiers se présentant sous le nom de Comité militaire pour la Refondation (CMR). La déclaration, lue à la télévision nationale, marque la fin du mandat du président Patrice Talon, désormais démis de ses fonctions selon les putschistes.

Ce que l’on sait — Décisions annoncées par les militaires

Dans leur communiqué inaugural, les membres du CMR ont annoncé quatre mesures immédiates :

  1. Suspension de la Constitution adoptée en novembre 2025,
  2. Dissolution de toutes les institutions républicaines,
  3. Gel des activités politiques et suspension de tous les partis jusqu’à nouvel ordre,
  4. Fermeture totale des frontières terrestres, maritimes et aériennes.

Le CMR justifie son intervention par la « nécessité de restaurer l’ordre, la cohésion nationale et la souveraineté institutionnelle », un discours qui rappelle les rhétoriques utilisées récemment dans les coups d’État du Niger (2023), du Gabon (2023), ou encore du Burkina Faso (2022–2024).

Un basculement qui intervient dans un climat régional électrique

Ce renversement intervient alors que l’Afrique de l’Ouest traverse une recomposition profonde :

La CEDEAO peine à restaurer l’ordre constitutionnel dans plusieurs États membres,

L’alliance sahélienne AES (Mali, Niger, Burkina Faso) continue d’influencer la dynamique militaire régionale,

Les tensions entre gouvernements civils et hiérarchies militaires se multiplient depuis fin 2024.

Des analystes cités par Jeune Afrique et Reuters rappellent que les réformes constitutionnelles controversées de 2025 au Bénin avaient ouvert de nouveaux fronts de contestation, malgré l’image de stabilité économique affichée par Cotonou ces dernières années.

Une transition floue, une communication verrouillée

Depuis la déclaration du CMR :

Internet mobile a été fortement perturbé dans plusieurs villes,

Les réunions publiques sont interdites,

Les médias privés sont soumis à un contrôle renforcé,

Aucun calendrier de transition n’a encore été communiqué.

À l’international, les premières réactions :

La CEDEAO a condamné un « changement anticonstitutionnel »,

L’Union africaine appelle au retour à l’ordre constitutionnel,

Les États-Unis et l’Union européenne évaluent « la situation sécuritaire et humanitaire » avant d’annoncer d’éventuelles sanctions.

Punchline Team — Lecture neutre et incisive

“Constitution suspendue, institutions dissoutes, frontières verrouillées : le Bénin vient d’entrer dans une zone de turbulence politique dont personne ne connaît encore la sortie.”

Deldique Nsasi

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