Les combats ont de nouveau éclaté à Lubutu (Maniema) à l’aube de ce dimanche 7 décembre 2025. Selon plusieurs habitants restés cloîtrés dans leurs maisons, les premiers tirs ont retenti dès 4h00 du matin, confirmant la reprise d’affrontements violents entre les FARDC et les miliciens Maï-Maï Simba, pourtant considérés jusqu’ici comme des “alliés circonstanciels” sur certains fronts.
Depuis samedi 6 décembre, à partir de 15h, toutes les activités sociales et économiques sont paralysées dans cette cité stratégique. Boutiques fermées, marchés désertés, mouvements stoppés : Lubutu vit au rythme de détonations et d’incertitudes.
RN3 coupée — Lubutu isolé
Conséquence directe des combats :
La Route Nationale n°3 (RN3) est totalement bloquée.
- Les véhicules partis de Kisangani vers Walikale sont immobilisés.
- Ceux venant de Walikale vers Kisangani sont également à l’arrêt.
Le trafic est figé “des deux côtés de la ligne”, rapportent nos sources locales, créant un goulot d’étranglement logistique dans l’un des couloirs routiers les plus importants de la région.
Les raisons du clash : l’avertissement ignoré
Selon des sources sécuritaires concordantes, les tensions sont nées après que les FARDC ont ordonné la fin immédiate des tracasseries imposées par les Maï-Maï Simba à la population.
Les miliciens avaient récemment multiplié les barrières illégales sur l’axe Losso–Lubutu, notamment :
- Mungele
- Tingitingi
- Amisi
Sur ces points de contrôle improvisés, ils rançonnaient systématiquement les voyageurs et les commerçants. Une situation jugée “inacceptable” par l’armée, qui estime que ces pratiques mettent en péril la sécurité des civils et la stabilité de la zone.
La confrontation était donc “prévisible”, selon une source militaire jointe ce matin.
Silence des autorités — incertitude totale à Lubutu
Pour l’heure, aucune autorité civile ou militaire ne s’est exprimée sur cette nouvelle explosion de violence entre groupes pourtant censés poursuivre un objectif commun : la sécurisation du Maniema à l’approche des opérations conjointes annoncées pour fin 2025.
Sur le terrain, la tension reste vive.
Des habitants affirment entendre des rafales sporadiques près du centre et un renforcement progressif des positions militaires FARDC autour de la cité.
Lubutu attend des réponses — et un retour au calme
Entre routes coupées, miliciens hostiles et communication officielle au ralenti, Lubutu se retrouve suspendu à l’évolution des combats.
Un scénario inquiétant pour une cité déjà fragilisée par les mouvements armés et les récentes répliques du conflit régional.
Punchline Team