Le ministère des Droits humains a lancé, du 15 au 17 décembre à Kinshasa, une retraite stratégique consacrée à l’élaboration du Plan d’action national 2026 des Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme.
Objectif affiché : encadrer l’exploitation minière et pétrolière en RDC selon des standards internationaux, dans un contexte marqué par la pression croissante sur les minerais stratégiques (cobalt, cuivre, lithium) et par les exigences accrues de traçabilité, d’ESG et de responsabilité sociale imposées par les partenaires internationaux.
Une réponse aux critiques récurrentes
Cette initiative intervient alors que la RDC reste régulièrement citée dans les rapports internationaux pour :
- des violations des droits humains autour des sites miniers,
- l’implication d’acteurs armés dans certaines chaînes d’approvisionnement,
- des tensions persistantes entre exploitation industrielle, artisanale et communautés locales, notamment dans l’Est du pays.
Le forum vise ainsi à doter l’État d’une feuille de route opérationnelle, capable d’anticiper les exigences liées aux cadres récents comme les normes OCDE, les réglementations européennes sur les chaînes d’approvisionnement responsables et les législations américaines sur les minerais critiques.
Exigence de résultats concrets
À l’ouverture des travaux, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a insisté sur la nécessité de dépasser le stade déclaratif.
« Cette activité doit aboutir à un résultat concret : une feuille de route opérationnelle, des activités prioritaires clairement définies et des stratégies d’opérationnalisation du Plan d’action national 2026 », a-t-il déclaré, appelant à des recommandations techniques applicables sur le terrain.
Engagement du secteur minier
Présent à la rencontre, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a affirmé l’engagement de son portefeuille à mettre en œuvre les recommandations issues de cette retraite, dans un secteur souvent pointé pour l’écart entre normes affichées et pratiques réelles.
Un cadre multipartite sous surveillance
Organisée en collaboration avec les ministères des Mines, des Hydrocarbures et l’ONG DCAF, la rencontre se veut multipartite, associant autorités publiques, experts techniques et partenaires internationaux.
Les Principes volontaires, rappelons-le, constituent un cadre international destiné à guider les entreprises extractives dans la gestion de la sécurité de leurs opérations tout en respectant les droits humains, notamment dans des contextes fragiles ou conflictuels.
Lecture Punchline
La RDC ne manque ni de cadres, ni de textes.
Le défi reste ailleurs : faire descendre les principes des salles de conférence vers les sites miniers, là où se jouent réellement droits humains, sécurité et crédibilité internationale.
Punchline Team