L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) annonce son retrait unilatéral de la ville d’Uvira, affirmant répondre à une demande de la médiation américaine. Une annonce assortie de conditions strictes, révélatrices des lignes de fracture persistantes sur le terrain.
Dans une communication récente, le mouvement rebelle invoque les précédents de “mesures de confiance” jugées détournées, accusant les FARDC, les Wazalendo et leurs alliés d’avoir, par le passé, profité de tels arrangements pour reprendre des positions perdues et cibler des civils perçus comme favorables à l’Alliance.
Trois exigences clés sont avancées :
- Démilitarisation d’Uvira, avec un dispositif clair de gestion sécuritaire ;
- Protection des civils et des infrastructures, sous supervision internationale ;
- Suivi effectif du cessez-le-feu, via le déploiement d’une force neutre mandatée par les garants du processus.
Par ailleurs, l’AFC/M23 conditionne son retrait à une neutralisation des groupes armés hostiles au Gouvernement congolais ou au Burundi opérant encore en RDC. Le mouvement affirme qu’il n’autorisera aucune utilisation des zones “libérées” comme bases arrière, estimant que de telles activités mettraient en péril les relations de bon voisinage, notamment avec Bujumbura.
Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique sous tension, marqué par la pression accrue des États-Unis, des appels internationaux à la désescalade et des alertes humanitaires persistantes après les combats autour d’Uvira. Reste une question centrale : qui contrôlera la transition sécuritaire, et avec quelles garanties pour les civils.
Punchline Team