RDC – Corneille Nangaa durcit le ton : unité nationale, accusations de haine d’État et rupture du processus de paix

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Dans une série de déclarations rendues publiques à la fin de l’année 2025, Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, a livré une lecture politique et sécuritaire sans concession de la situation en République démocratique du Congo, appelant à la fois à l’unité nationale et dénonçant ce qu’il qualifie de dérives graves du régime de Kinshasa.

« Une lutte revendiquée comme responsabilité, pas comme vengeance »

Pour Corneille Nangaa, le combat mené par sa plateforme ne relèverait ni de la revanche ni de la division, mais d’une « responsabilité assumée ».
Il appelle les Congolais à la cohésion, affirmant que la légitimité nationale repose sur le vivre-ensemble, la solidarité, la non-discrimination et le refus de l’humiliation.

« Le temps des manipulations, des mensonges et des fausses promesses est révolu. Le peuple congolais est debout, engagé et déterminé », affirme-t-il, annonçant 2026 comme une année de consolidation de la lutte pour la liberté, la justice, la paix et la refondation de l’État.

Accusations de “doctrine de haine” portée par l’État

Dans un passage particulièrement sensible, l’ancien président de la CENI accuse le pouvoir en place d’avoir transformé le discours de haine en doctrine d’État, évoquant des messages d’incitation à la discrimination ethnique diffusés, selon lui, jusque sur la chaîne publique nationale.

Il affirme que des Congolais d’expression kinyarwanda, en particulier les Tutsis, mais aussi des Swahiliphones, seraient désormais présentés comme des « ennemis de l’intérieur », ciblés en raison de leur langue, de leur faciès ou de leur origine.

Ces accusations interviennent dans un contexte où plusieurs organisations nationales et internationales alertent sur la montée des discours de stigmatisation, alors que les violences communautaires et les conflits armés continuent d’endeuiller l’Est du pays.

Un processus de paix présenté comme trahi

Corneille Nangaa revient également sur les initiatives de dialogue engagées en 2025 entre son camp et les autorités de Kinshasa. Il évoque une série d’engagements signés au fil de l’année :

  • Communiqué conjoint (avril)
  • Déclaration de principes (juillet)
  • Mécanisme de libération des prisonniers (septembre)
  • Mécanisme de surveillance du cessez-le-feu (octobre)
  • Accord-cadre (novembre)

Selon lui, aucun de ces engagements n’a été respecté, affirmant qu’aucun prisonnier n’a été libéré et que le cessez-le-feu aurait été « systématiquement violé », faisant basculer une trêve fragile vers une reprise généralisée des hostilités.

Ressources naturelles et crise de confiance

Dans ses déclarations, Corneille Nangaa accuse enfin le régime de Kinshasa de brader les ressources naturelles du pays, sans consultation populaire, dans le but de préserver le pouvoir et les intérêts d’un cercle restreint.

À l’inverse, il présente l’AFC/M23 comme une force crédible, affirmant son attachement au respect des engagements pris et sa volonté de bâtir une RDC « terre d’opportunités » pour ses citoyens.

Un discours qui polarise, un pays à la croisée des chemins

Ces prises de position interviennent alors que la RDC sort d’une année 2025 marquée par l’intensification des violences armées, une crise humanitaire persistante et un rétrécissement préoccupant de l’espace civique, notamment pour les journalistes et acteurs de la société civile.

Si les accusations portées restent fermement contestées par les autorités congolaises, elles traduisent une rupture profonde de confiance et confirment que l’année 2026 s’ouvre sous haute tension politique, sécuritaire et sociale.

Punchline Team

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