Sud-Kivu – Fizi sous pression : les déplacés s’entassent, l’urgence humanitaire s’aggrave

Spread the love
4 / 100 Score SEO

La situation humanitaire continue de se détériorer dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, où des milliers de déplacés internes vivent dans des conditions de plus en plus précaires à la suite des affrontements persistants entre les FARDC et les combattants de l’AFC/M23, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Selon l’administrateur du territoire, Samy Kalonji Badibanga, le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter, notamment sur les Hauts Plateaux et le long de l’axe Makobola–RN5, une zone devenue un couloir de fuite pour des familles ayant fui les violences armées.

Des besoins vitaux non couverts

Face à cette pression humanitaire croissante, l’autorité territoriale alerte les autorités provinciales et nationales sur l’urgence d’une assistance immédiate, en particulier en vivres, articles non alimentaires et abris d’urgence. Il appelle également les acteurs humanitaires nationaux et internationaux à se mobiliser rapidement.

Cette alerte rejoint les constats récents du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), qui souligne que les violences dans le Sud-Kivu continuent d’alimenter des déplacements internes massifs, alors que les capacités de réponse humanitaire restent limitées dans plusieurs zones enclavées de la province.

Quatre axes saturés, des infrastructures débordées

Les déplacés, principalement originaires d’Uvira et de différentes localités du territoire de Fizi, se concentrent actuellement sur quatre axes majeurs :

  • le littoral du lac Tanganyika,
  • l’axe Makobola–Mboko,
  • Fizi-centre,
  • et Point Zéro – Kwa Mulima.

Faute de sites aménagés, de nombreuses familles sont hébergées dans des écoles et des églises, perturbant les activités scolaires et religieuses et accentuant la promiscuité.

Risque sanitaire élevé

L’administrateur de Fizi met également en garde contre les menaces sanitaires, notamment sur le littoral du lac Tanganyika, une zone régulièrement touchée par des épidémies de choléra et de rougeole, selon les données sanitaires provinciales relayées par les partenaires de santé.

« Le littoral du Tanganyika, foyer récurrent de choléra et de rougeole, expose particulièrement les enfants à des risques épidémiques majeurs », a-t-il alerté.

Les agences de santé, dont l’OMS, rappellent que les déplacements massifs, combinés au manque d’eau potable, d’assainissement et de soins de base, augmentent fortement les risques de flambées épidémiques.

Une crise qui s’enracine

À Fizi, comme dans d’autres zones du Sud-Kivu, la crise humanitaire s’installe dans la durée, portée par l’insécurité persistante et l’insuffisance des réponses structurelles. Sans une mobilisation rapide et coordonnée, les déplacés internes restent exposés à une triple menace : violence, faim et maladie.

Punchline Team

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *