Sud-Kivu, République démocratique du Congo— Un rapport d’experts des Nations unies a révélé que le groupe armé AFC/M23 a exploité l’or du site de Lomera, dans le territoire de Kabare (Sud-Kivu), entre février et août 2025.
D’après ce rapport, le mouvement a pris le contrôle du gisement et installé une structure de gestion parallèle, imposant une taxe de 30 % sur le prix de vente de l’or “à la bouche de mine” — c’est-à-dire directement au niveau des puits avant commercialisation. Cette mesure s’apparente à un prélèvement systématique des revenus miniers, sans coordination avec l’État congolais.
Les experts de l’ONU ont également noté que cette taxation a été accompagnée de prélèvements réguliers sur les volumes de minerai extraits, ce qui a permis au groupe armé de se financer de manière autonome. L’exploitation aurait été suspendue fin août 2025, après des tensions avec les communautés locales, bien qu’il reste incertain si et comment elle pourrait reprendre.
Ce rapport s’inscrit dans le cadre d’un suivi régulier des ressources naturelles dans les zones de conflit, où les revenus miniers constituent souvent une source de financement des groupes armés. La situation à Lomera illustre à nouveau les défis posés par l’exploitation illégale des ressources et son rôle dans la persistance de l’insécurité en province du Sud-Kivu.
Grâce Diasongua