Le projet « Kinshasa ezo bonga », censé moderniser Kinshasa, fait aujourd’hui face à une montée de mécontentement au sein de la population. Ce qui devait être un symbole de renouveau urbain devient, pour beaucoup, une source de frustration quotidienne. Entre promesses ambitieuses et réalités du terrain, l’écart semble de plus en plus visible.
Des chantiers qui s’éternisent
Sur plusieurs axes de la capitale, les travaux de réhabilitation accusent des retards inquiétants. Des routes de moins d’un kilomètre, initialement prévues pour être achevées en trois mois, dépassent désormais neuf mois, voire approchent une année sans être finalisées.
Ces lenteurs perturbent fortement la circulation, créant des embouteillages, des détours improvisés et une désorganisation permanente du trafic. Face à cette situation, les habitants s’interrogent avec insistance : pourquoi un travail aussi limité prend-il autant de temps ?
Des quartiers laissés pour compte
Pendant que certains axes sont en chantier, d’autres zones restent totalement abandonnées. Dans plusieurs quartiers, les routes non concernées par le projet continuent de se détériorer de jour en jour.
Les nids-de-poule se multiplient, la boue envahit les chaussées après chaque pluie, et certaines rues deviennent presque impraticables. Cette situation accentue le sentiment d’inégalité entre les zones prises en charge et celles laissées à l’abandon.
Taxes payées, routes dégradées
La colère de la population s’exprime également autour de la question des taxes. Les automobilistes s’acquittent régulièrement de frais tels que la vignette, l’assurance ou d’autres redevances.
Mais sur le terrain, les infrastructures routières ne reflètent pas ces contributions. D’où une interrogation devenue centrale : à quoi servent réellement ces paiements si les routes restent dans un état aussi critique ?
Une gestion urbaine remise en question
Au-delà des retards et des routes dégradées, c’est la gestion même du projet qui est remise en cause. Le manque de communication, l’absence de visibilité sur les délais et la lenteur d’exécution nourrissent un climat de méfiance.
Pour certains observateurs, cette situation traduit un désordre dans la planification urbaine, où les interventions semblent mal coordonnées et les priorités peu claires.
Une attente forte de résultats
Le projet « Kinshasa ezo bonga » avait suscité beaucoup d’espoir. Celui de voir une ville plus moderne, plus accessible et mieux organisée.
Aujourd’hui, la population ne demande plus des promesses, mais des résultats concrets : des routes achevées, des chantiers terminés et une amélioration réelle des conditions de circulation.
Car au fond, une question persiste dans l’esprit de nombreux Kinois : à quand Kinshasa redeviendra « Kin la Belle » ?
@SchaO