Walikale, 29 octobre 2025 — Les affrontements qui opposent les rebelles de l’AFC/M23 aux combattants Wazalendo dans la région de Kashebere, groupement de Luberike (territoire de Walikale, Nord-Kivu), ont provoqué une nouvelle tragédie humanitaire.
Selon plusieurs sources locales, quatre villages entiers — Habula, Buhendje, Bulinda et Bukonde — se sont vidés de leurs habitants, contraints de fuir vers la brousse pour échapper aux combats.
Des familles entières livrées à la survie dans la forêt
D’après des sources coutumières de la zone, les déplacés se retrouvent livrés à eux-mêmes dans des conditions précaires, exposés à la faim, aux intempéries et aux maladies.
« Ces familles n’ont ni abris, ni accès à l’eau potable, encore moins aux soins de santé », confie un notable local.
Les enfants, eux, ont été contraints d’abandonner l’école, accentuant une crise éducative déjà alarmante dans cette partie du Nord-Kivu.
Avec la saison des pluies, la situation s’aggrave de jour en jour, et la peur domine les esprits dans les localités encore habitées.
“Nous sommes oubliés de la République”, dénonce la société civile
La société civile de Walikale confirme ces informations et tire la sonnette d’alarme sur l’abandon des populations rurales.
Son président, visiblement ému, appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités face à la souffrance des civils :
« Nos villages brûlent et nos familles fuient. Nous demandons au gouvernement congolais de restaurer la paix et de libérer les zones occupées par les rebelles. Nos frères et sœurs ne peuvent pas continuer à vivre dans les forêts comme des bêtes. »
Cette déclaration, lourde de sens, reflète la fatigue d’une population qui vit au rythme des armes depuis des années.
L’appel à un sursaut national
Dans ce territoire enclavé, chaque reprise des hostilités entre l’AFC/M23 et les Wazalendo ramène la population des années en arrière, brisant tout espoir de stabilité.
Malgré les promesses de rétablissement de l’autorité de l’État, le silence des armes reste un rêve lointain pour les habitants de Walikale, longtemps oubliés des priorités nationales.
“L’Est du Congo n’a pas besoin de nouveaux discours, mais d’actions concrètes. Les populations de Habula, Buhendje, Bulinda et Bukonde n’attendent qu’une chose : la paix.”
Entre douleur et résilience
Dans la détresse, les communautés locales continuent de montrer une force de résilience remarquable, organisant tant bien que mal la solidarité entre déplacés.
Mais sans un engagement plus ferme de l’État et de ses partenaires, ces villages risquent de disparaître de la carte, emportant avec eux une partie du tissu social du Nord-Kivu.
Punchline Team | Walikale, Nord-Kivu