Le président de la République, Félix Tshisekedi, s’est entretenu lundi à Luanda avec son homologue angolais João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine, dans un contexte de détérioration accélérée de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Arrivé à Luanda en début d’après-midi pour une visite éclair, le chef de l’État congolais est reparti le même jour vers Kinshasa. Devant la presse, il a confirmé que cette rencontre était exclusivement consacrée à la recherche de solutions pour la paix dans l’Est.
« Le président Lourenço m’a fait des propositions que je trouve très intéressantes et susceptibles d’apporter beaucoup », a déclaré Félix Tshisekedi, tout en rappelant que « la réalité sur le terrain reste celle d’une guerre qui nous a été imposée ».
Accords de Washington, reprise des combats
Cette visite intervient au lendemain de l’entérinement des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, sous l’égide des États-Unis, et dans un climat marqué par une intensification des affrontements dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
La rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), que le gouvernement congolais accuse d’être soutenue par le Rwanda, a récemment pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira, un verrou sécuritaire ouvrant l’axe vers le Grand Katanga. Une avancée qui a profondément modifié les équilibres militaires dans la région.
Consultations régionales en cascade
Face à cette escalade, Félix Tshisekedi multiplie les initiatives diplomatiques régionales. Le 20 décembre, il avait mandaté son ambassadeur itinérant Antoine Ghonda Mangalibi à Brazzaville pour informer le président Denis Sassou Nguesso des dernières évolutions sécuritaires et humanitaires.
« Immédiatement après la signature des accords à Washington, la rébellion de l’AFC/M23 a repris les hostilités avec le soutien du Rwanda », avait alors dénoncé l’émissaire congolais, évoquant une violation flagrante des engagements pris.
Retrait annoncé, scepticisme persistant
Sous pression de la communauté internationale, notamment des États-Unis, l’AFC/M23 a annoncé un retrait unilatéral de ses forces d’Uvira. Une déclaration accueillie avec prudence par Kinshasa et les FARDC, qui doutent de son effectivité sur le terrain.
Lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, Washington a exigé que les combattants rebelles se retirent à au moins 75 kilomètres de la ville, condition jugée minimale pour une désescalade crédible.
Crise humanitaire et réponse régionale attendue
La dégradation sécuritaire a entraîné des déplacements massifs de populations vers le Burundi, aggravant une crise humanitaire déjà critique dans les zones frontalières.
Dans ce contexte, une réunion ministérielle régionale consacrée à la situation dans l’est de la RDC est prévue du 8 au 10 janvier à Livingstone, en Zambie, à l’initiative de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Douze ministres de la Défense et chefs d’état-major y sont attendus, sous la présidence du ministre zambien de la Défense, Ambrose Lwiji Lufuma.
Entre initiatives diplomatiques, engagements internationaux fragilisés et réalité militaire sur le terrain, la quête d’une paix durable dans l’est de la RDC demeure sous haute tension.
DN