L’opposant Martin Fayulu, président de l’ECIDE, remet ouvertement la pression sur le Chef de l’État Félix Tshisekedi. Dans un message adressé à la nation ce mardi 18 novembre 2025, il exhorte le président à convoquer “sans délai” un dialogue national inclusif — seul, selon lui, capable de restaurer la cohésion et de prévenir toute dérive territoriale.
Fayulu : “Aucun accord extérieur ne remplacera une entente entre Congolais”
Dans un discours au ton grave, Fayulu estime que la succession d’accords internationaux de Washington à Doha ne peut substituer un consensus national solide.
« Monsieur Tshisekedi, je vous invite à convoquer sans délai le dialogue national, sinon l’histoire vous tiendra responsable de la balkanisation du Congo avec Messieurs Kagame et Kabila. Aucun accord extérieur ne saurait précéder la réconciliation des enfants du Congo. »
Un message direct, qui intervient au moment où les confessions religieuses ont publié une nouvelle feuille de route appelant elles aussi à une concertation interne.
Alerte à la population : “Notre avenir se joue maintenant”
Fayulu appelle la population, particulièrement les jeunes, à rester mobilisés face aux “risques croissants de balkanisation”.
« Peuple congolais, c’est maintenant que se joue notre avenir. L’heure est à la vigilance, à la mobilisation et à la défense du pays. Un peuple uni ne sera jamais vaincu. »
Un discours martial, qui cherche à repositionner l’opposition comme force de veille nationale.
Tshisekedi temporise : “Aucun dialogue ne peut se tenir sans mon initiative”
Réagissant récemment lors du deuxième congrès de l’Union Sacrée, Félix Tshisekedi avait rappelé que :
tout dialogue national doit être initié par la présidence,
aucune médiation orchestrée depuis l’étranger n’est acceptable.
Le Chef de l’État réaffirme par ailleurs son attachement :
à l’accord de Washington,
au processus de Doha,
deux cadres diplomatiques qu’il présente comme essentiels pour neutraliser les influences étrangères et stabiliser l’Est du pays.
Une pression intérieure qui monte malgré les initiatives extérieures
Malgré la ligne de Tshisekedi, plusieurs voix — politiques, religieuses et de la société civile — insistent :
les plateformes internationales ne suffisent pas. Elles plaident pour une nouvelle dynamique interne, estimant que seul un dialogue national pourrait créer un véritable front commun congolais avant toute consolidation diplomatique.
Deldique Nsasi