Crise humanitaire – Au Burundi, des réfugiés congolais meurent dans l’indifférence

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La crise humanitaire liée au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo prend une tournure alarmante au Burundi. En l’espace de deux semaines, environ 105 réfugiés congolais ont perdu la vie dans différents camps de transit, selon des chiffres rendus publics lundi 5 janvier par l’Organisation citoyenne pour la paix et la cohabitation communautaire (CPCC).

Ces décès, affirme la CPCC, sont principalement dus à la précarité extrême des conditions de vie : manque d’abris adaptés, accès limité aux soins de santé, pénuries alimentaires et absence d’une assistance humanitaire structurée.

« La situation est très choquante. Nous avons enregistré plus de 105 morts dans plusieurs camps de réfugiés au Burundi. Les causes sont claires : insuffisance d’hébergement, absence de soins médicaux adéquats, déficit d’aide humanitaire. Certaines victimes auraient même été attaquées par des individus armés de flèches et d’armes blanches », a déclaré Ahadi Bya Masu, président du comité exécutif de la CPCC.

Des camps sous pression

Les réfugiés concernés ont fui les combats liés à l’AFC/M23 dans les territoires d’Uvira et de Fizi, au Sud-Kivu. Ils sont actuellement regroupés dans les camps et sites de transit de Rugombo, Rumonge et Gatumba, au Burundi, déjà fragilisés par un afflux massif et rapide de populations.

Selon plusieurs sources humanitaires régionales, la saturation des infrastructures, combinée à un financement insuffisant des opérations d’urgence, limite fortement la capacité de réponse sur le terrain. Début janvier, des agences onusiennes avaient déjà alerté sur une dégradation rapide des conditions sanitaires et sécuritaires dans les zones d’accueil.

Appels urgents à l’aide

La CPCC exhorte le gouvernement congolais, les autorités burundaises et les partenaires internationaux, notamment les agences humanitaires, à mettre en place une assistance digne, coordonnée et durable pour protéger ces populations vulnérables.

« Une aide adéquate permettrait non seulement de sauver des vies, mais aussi de prévenir d’autres violences dans les camps », insiste Ahadi Bya Masu.

À ce stade, Radio Okapi indique n’avoir pas obtenu de réaction officielle du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi, ni des autorités provinciales du Sud-Kivu.

Une crise régionale en expansion

Cette situation illustre une réalité plus large : la guerre à l’est de la RDC déborde désormais largement des frontières nationales, transformant le conflit en une crise humanitaire régionale. Pendant que les combats se poursuivent et que les initiatives diplomatiques peinent à produire des effets concrets, les civils continuent de payer le prix le plus lourd.

Punchline Team

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