Un proche de la majorité exprime sa frustration face à son absence de nomination et remet en question la reconnaissance au sein de la coalition
Kinshasa, RDC — L’homme politique Mfumu Ntoto Basanga, membre de l’Union sacrée de la Nation (USN), a fait parler de lui ces dernières heures en exprimant publiquement sa frustration politique et personnelle concernant son rôle au sein de la coalition présidentielle. Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, il a affirmé ne « connaître personne à l’Union sacrée qui a défendu le président Félix Tshisekedi comme lui pendant quatre ans », tout en s’interrogeant sur le fait de ne pas avoir été nominé à un poste gouvernemental ou institutionnel.
Un propos teinté d’amertume politique
Selon plusieurs vidéos publiées sur les plateformes sociales, Mfumu Ntoto a souligné qu’il s’est investi sans compter pour défendre les positions du président Tshisekedi et soutenir la majorité parlementaire depuis la formation de l’Union sacrée.
« Je ne connais personne dans l’Union sacrée qui a défendu le président Tshisekedi comme moi pendant quatre ans. Mais pourquoi, pendant ces quatre ans, les autres sont nommés chaque jour et pas moi ? Est‑ce que je ne suis pas intelligent ? » a‑t‑il déclaré avec émotion.
Cette sortie traduit une tension interne au sein de la coalition présidentielle en place, où certaines figures estiment ne pas être suffisamment reconnues ou récompensées par des postes de responsabilité, malgré leur soutien politique affiché.
l’Union sacrée et les nominations politiques
L’Union sacrée de la Nation, coalition politique dirigée par le président Félix Tshisekedi, constitue depuis 2020 la majorité parlementaire dominante à l’Assemblée nationale et au Sénat. Elle regroupe plusieurs partis et personnalités politiques autour d’objectifs communs tels que le renforcement de la sécurité, des réformes institutionnelles et la mise en œuvre des promesses de campagne présidentielle.
Dans ce contexte, les nominations à des postes ministériels, exécutifs ou autres fonctions publiques sont souvent perçues comme des récompenses pour des soutiens politiques. L’absence de nomination de certains membres favorables à la majorité peut ainsi donner lieu à des frustrations et critiques publiques, comme le montrent les déclarations récentes de Mfumu Ntoto.
Réactions et perspectives politiques
La déclaration de Mfumu Ntoto a suscité diverses réactions. Certains partisans ont exprimé de la sympathie pour sa démarche, estimant que la reconnaissance politique doit être équitable au sein de la coalition. D’autres observateurs rappellent toutefois que la distribution des postes dépend de stratégies politiques complexes, prenant en compte des équilibres régionaux, des alliances et des exigences de gouvernance.
Par ailleurs, des rumeurs relayées sur les réseaux sociaux suggèrent que Mfumu Ntoto pourrait envisager de revoir son engagement au sein de l’Union sacrée si ses préoccupations ne sont pas prises en compte — une perspective qui pourrait avoir des répercussions dans l’équilibre de la majorité présidentielle.
Un débat sur la reconnaissance politique
L’intervention de Mfumu Ntoto met en lumière une question plus large de reconnaissance et de redistribution des responsabilités au sein de la classe politique congolaise. Alors que l’Union sacrée cherche à afficher une façade d’unité, ces divisions internes pourraient être perçues comme des signaux de tensions sous‑jacentes qui méritent l’attention dans le cadre de la stabilité politique du pays.
Jennifer Luboya/Stagiare