L’opposant congolais Franck Diongo a réagi avec force aux déclarations de Corneille Nangaa, qui a suggéré jeudi à Goma que la RDC pourrait « passer de République démocratique à République fédérale ». Pour Diongo, ce discours, tenu en pleine insécurité dans l’Est, porte les germes d’une balkanisation programmée.
Dans une mise au point ferme, il rappelle le long parcours politique du pays :
« Depuis plus de trente ans de lutte et en tant que cosignataire du compromis de Sun City, je rappelle que la Constitution est le fruit d’un consensus national, pas d’un projet imposé. »
Il insiste : toutes les tendances, y compris les partisans du fédéralisme, ont contribué à l’adoption de la Loi fondamentale. Et il convoque même la mémoire du Héros national :
« Même Patrice Emery Lumumba s’est opposé au fédéralisme pour éviter la fragmentation du pays. »
Pour lui, le choix d’un État unitaire fortement décentralisé n’est pas un hasard, mais une garantie d’unité.
Diongo estime que le débat lancé par Nangaa détourne le pays des vraies urgences nationales :
« La forme de l’État ne garantit ni la paix ni le développement. Nos crises sont celles de gouvernance, de leadership, de vision, de démocratie et de légitimité. »
Selon lui, le fédéralisme n’apporte aucune réponse à ces faiblesses systémiques.
Il pointe aussi une contradiction majeure entre l’invocation de l’article 64 et l’appel à une refonte profonde de l’État :
« Promouvoir le fédéralisme tout en parlant de révolution constitutionnelle, c’est créer une incohérence totale. Cela peut être perçu comme anticonstitutionnel. »
Avec cette sortie, Franck Diongo signe un avertissement clair : l’unité nationale n’est pas négociable.
Christian Ebengo