Martin Fayulu interpelle Félix Tshisekedi : « Refuser le dialogue inclusif, c’est refuser la paix »

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L’opposant congolais appelle à une concertation nationale face à l’impasse politique actuelle

Kinshasa, RDC — Dans un message politique fort adressé à la nation congolaise, Martin Fayulu Madidi, président de la plateforme politique Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), a lancé un appel pressant au président Félix Tshisekedi pour la convocation d’un dialogue national inclusif, qu’il considère comme essentiel à la paix et à la stabilité du pays.

Contexte politique tendu et absence de dialogue national

Dans une déclaration publiée le 31 décembre 2025, Fayulu a vivement critiqué la décision de Félix Tshisekedi de privilégier des processus diplomatiques internationaux — notamment les initiatives liées à des forums de négociations à Washington et à Doha — au détriment d’un dialogue interne véritablement inclusif impliquant toutes les forces politiques et sociales du pays.
Selon l’opposant, ces démarches, bien qu’importantes sur la scène internationale, ne sauraient remplacer une concertation nationale dirigée par les Congolais eux‑mêmes pour résoudre durablement les crises sociopolitiques et sécuritaires que traverse la République démocratique du Congo.

Les déclarations de Fayulu : paix, peuple et responsabilité

Fayulu a affirmé que la crise politique actuelle du pays découle des élections générales de 2018, qu’il qualifie de « hold‑up électoral », estimant que la passation de pouvoir qui a suivi n’a ni apporté la paix, ni assuré la stabilité ni la cohésion nationale. Il a par ailleurs averti que refuser un dialogue national inclusif revient à prolonger la crise et à rejeter la paix.

« Rien ne changera sans le peuple… Le dialogue national inclusif est une nécessité vitale. Refuser ce dialogue, c’est refuser la paix. Refuser ce dialogue, c’est prolonger la crise. »

Fayulu a également appelé à l’unité nationale, exhortant particulièrement la jeunesse congolaise à s’engager activement contre le tribalisme, la corruption et pour défendre l’avenir du pays plutôt que l’intérêt de quelques‑uns.

Critique des initiatives exclusives et appels internationaux
L’opposant a critiqué ce qu’il considère comme une dépendance excessive aux mécanismes de médiation externes, affirmant que ces démarches internationales, bien que souvent jugées utiles, ne peuvent pas se substituer à un dialogue dirigé par les Congolais eux‑mêmes. Il a aussi appelé la communauté internationale à soutenir la Résolution 2773 (2025) des Nations unies, tout en condamnant ce qu’il estime être une ingérence rwandaise dans les affaires congolaises — un point de discorde majeur dans les relations entre Kinshasa et Kigali.

Opposition et enjeux politiques internes

Le message de Fayulu rejoint une ligne de critique politique plus large contre le gouvernement de Tshisekedi, alors que certaines formations d’opposition ont boycotté des consultations politiques initiées par le pouvoir, demandant à la place une véritable plateforme de dialogue national et inclusif.

Dans ce contexte, l’appel de Fayulu s’inscrit dans une dynamique plus vaste où plusieurs acteurs politiques et civils estiment que le dialogue inclusif est indispensable pour assurer une sortie durable et pacifique aux crises électorales, sécuritaires et institutionnelles qui affectent la RDC.

Perspectives et réactions attendues
Alors que certaines voix politiques ont déjà exprimé leur soutien à cette démarche inclusive, la réaction du président Félix Tshisekedi et de son gouvernement reste attendue. Nombre d’observateurs estiment que l’ouverture d’un dialogue véritablement représentatif pourrait renforcer la cohésion nationale et offrir une chance réelle à une paix durable en RDC.

Jennifer Luboya/Stagiare

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