La coalition d’opposition congolaise LAMUKA monte au créneau, exigeant la renégociation de l’accord de paix que la RDC s’apprête à signer ce jeudi 4 décembre à Washington avec le Rwanda et les États-Unis. Selon eux, l’accord constitue une « capitulation économique » imposée une trahison de la souveraineté nationale.
Ce que dénonce LAMUKA et son porte-parole Prince Epenge
- LAMUKA met en cause le caractère « intriangulaire » de l’accord États-Unis, RDC, Rwanda et défend que la RDC doit garder toute latitude pour choisir librement, sans pressions externes, ses partenaires économiques. Comme le souligne Prince Epenge : « Nous sommes un État indépendant… on doit pouvoir choisir avec qui coopérer. »
- La coalition exige des garanties fermes avant toute signature :
- une reconnaissance formelle par le Rwanda de la traque effective des combattants du FDLR sur le sol congolais,
- le retour immédiat des FDLR au Rwanda pour y ouvrir un dialogue inter-rwandais,
- l’organisation d’un dialogue national congolais inclusif,
- un retrait immédiat des troupes rwandaises présentes sur le territoire congolais.
Pour LAMUKA, signer dans les conditions actuelles reviendrait à accepter un accord déséquilibré inacceptable pour la souveraineté et l’avenir de la RDC.
Le contexte de l’accord pourquoi LAMUKA réagit
L’accord à Washington, censé mettre fin à des décennies de guerre à l’Est, prévoit aussi un volet d’intégration économique et d’investissements, notamment dans le secteur minier.
Mais plusieurs signaux inquiètent déjà :
- Des violations répétées des cessez-le-feu dans l’Est, à quelques jours de la signature. Les forces congolaises et les rebelles du M23 s’accusent mutuellement de saboter les négociations.
- Des doutes persistants quant au retrait effectif des soldats rwandais et à la neutralisation de milices comme le FDLR deux conditions clés mises en avant par LAMUKA.
- L’absence, selon certains observateurs, de garanties claires en matière de justice et d’intégrité territoriale, ce qui fragilise la confiance dans la portée réelle de l’accord.
Pourquoi LAMUKA dit “non” et ouvre la porte à une renégociation
Pour LAMUKA, ce texte en l’état est dangereux pour la souveraineté, et pose un risque pour l’équilibre national. Signer maintenant, c’est accepter un deal qui pourrait conduire à une dépendance économique, sans garanties de sécurité, de justice ou de retrait effectif des forces étrangères.
Ils réclament une approche alternative : un dialogue national inclusif, qui intègre tous les acteurs congolais société civile, opposition, communautés de l’Est avant tout accord international.
Punchline Team