RDC–États-Unis – Le partenariat stratégique sur la table du Parlement : Kinshasa promet débat, amendements et transparence

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Le partenariat stratégique signé entre la République démocratique du Congo et les États-Unis sera bel et bien soumis au Parlement pour ratification, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, dès la prochaine session parlementaire. L’annonce a été confirmée le mardi 30 décembre 2025 à Kinshasa par le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, aux côtés du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, lors d’un briefing de presse conjoint.

Pour l’exécutif, ce texte s’inscrit dans une logique de structuration de projets prioritaires liés à l’industrialisation, à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et au développement d’infrastructures stratégiques, dans un contexte de recomposition des équilibres géoéconomiques mondiaux.

Ratification parlementaire et paquet législatif annoncé

Face aux interrogations persistantes dans l’opinion, Daniel Mukoko Samba a tenu à lever toute ambiguïté : l’accord n’est ni définitif ni intangible.

« Le texte n’est pas figé. Ce n’est ni la Bible ni le Coran. Il y aura une procédure parlementaire normale, avec des amendements possibles », a-t-il déclaré, annonçant le dépôt d’un important paquet législatif dès la session de mars 2026.

Selon le gouvernement, la signature de l’accord respecte la procédure constitutionnelle en vigueur pour les traités internationaux : signature par l’exécutif, examen en Conseil des ministres, débat et vote au Parlement, puis ratification par le chef de l’État.

Une controverse politique toujours vive

Depuis sa signature, ce partenariat – initialement présenté par certains comme un « deal minier » – alimente un débat politique et sociétal intense. Des acteurs politiques, des organisations citoyennes et des figures religieuses dénoncent une supposée violation de la Constitution, reprochant au gouvernement de ne pas avoir consulté le Parlement en amont.

Le ministre de l’Économie nationale rejette ces accusations, rappelant que la valeur juridique de l’accord dépend précisément de sa ratification parlementaire, étape encore à venir.

Un mécanisme d’évaluation périodique intégré

Autre point mis en avant par l’exécutif : l’accord prévoit un mécanisme d’évaluation et de révision tous les trois ans.

« Les Congolais et les Américains se réuniront pour évaluer l’accord et, si nécessaire, revoir certaines dispositions. Les recommandations issues du débat parlementaire seront prises en compte », a assuré Daniel Mukoko Samba.

Une disposition présentée comme un garde-fou face aux inquiétudes sur un engagement de long terme jugé déséquilibré par ses détracteurs.

Des obligations claires pour Kinshasa

Conformément aux termes du partenariat, la RDC devra transmettre, dans les 30 jours suivant l’entrée en vigueur, une première liste des « DRC Designated Strategic Projects », censés soutenir :

  • la création d’emplois,
  • l’augmentation de la valeur ajoutée locale,
  • le renforcement des infrastructures énergétiques et logistiques,
  • la stabilisation des zones à forte concentration de ressources.

Dans le même délai, une liste d’actifs miniers intégrés à la Strategic Asset Reserve (SAR) devra être communiquée. Ces projets, liés aux minerais critiques et à l’or, donneront aux États-Unis un droit de première offre, un point qui cristallise une partie des critiques.

Le corridor Lobito–Sakania au cœur du dispositif

Parmi les projets structurants figure la réhabilitation de la ligne ferroviaire RDC–Angola, intégrée au corridor Sakania–Lobito, désormais présenté comme un axe clé pour l’exportation du cuivre, du cobalt et du zinc vers les marchés internationaux. Le gouvernement mise sur une mobilisation conjointe de financements publics, privés et multilatéraux, dans un contexte de forte concurrence mondiale autour des minerais stratégiques.

Entre opportunité stratégique et exigence de vigilance

Si Kinshasa voit dans ce partenariat un signal fort de confiance de Washington et une opportunité de repositionnement économique, les critiques, dont celles de Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi, continuent de dénoncer un risque de bradage des ressources et un accord conclu dans un climat de forte polarisation politique.

La balle est désormais dans le camp du Parlement, appelé à jouer pleinement son rôle de contrôle, d’amendement et de légitimation démocratique d’un accord qui engage la RDC bien au-delà de 2026.

DN

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