Kinshasa, 8 janvier 2026 — Les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), en collaboration avec l’armée ougandaise (Uganda People’s Defence Force – UPDF), ont récemment démantelé une enclave stratégique du groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la zone de Matolo‑Kaseni, à l’est du pays. Cette opération, menée entre le 29 et le 30 décembre 2025, marque une étape importante dans la lutte contre cette rébellion liée à l’État islamique, qui depuis des années pose un grave défi à la sécurité dans les provinces du Nord‑Kivu et de l’Ituri.
Une offensive conjointe pour couper les bases rebelles
L’enclave démantelée servait de point d’organisation et de repli à des combattants ADF, d’où ils planifiaient et lançaient des attaques contre les populations civiles et les patrouilles militaires. Selon des sources officielles, cette action a permis de neutraliser des bases, de saisir des armes et d’affaiblir la logistique du groupe, limitant ainsi sa capacité à perpétrer des attaques d’envergure.
Cette opération fait partie d’un effort continu et coordonné entre Kinshasa et Kampala, dans le cadre de ce que les autorités appellent Operation Shujaa – une campagne conjointe destinée à lutter contre l’insurrection de l’ADF. Les forces combinées ont déjà réalisé des progrès significatifs dans des secteurs autrefois considérés comme des bastions rebelles, multipliant les actions ciblées pour désorganiser les réseaux armés.
Un groupe rebelle toujours actif mais sous pression
Les Forces démocratiques alliées, créées au milieu des années 1990 en Ouganda et désormais implantées de longue date dans l’est du Congo, restent l’un des groupes armés les plus meurtriers de la région. Liés à l’État islamique, ils sont responsables de nombreuses attaques contre des civils et des militaires, contribuant à la perpétuation d’un climat d’insécurité chronique dans les zones frontalières RDC‑Ouganda.
Malgré le démantèlement de certaines de leurs bases, des attaques sporadiques continuent de se produire, et la menace reste présente. Récemment encore, des incursions des ADF ont fait de nombreuses victimes civiles dans le territoire de Lubero au Nord‑Kivu.
Un effort de sécurité régional renforcé
La RDC et l’Ouganda affichent une coopération militaire renforcée, estimant que seule une action concertée peut inverser la dynamique de violence. Les autorités congolaises ont salué ces avancées comme un signal fort montrant que la sécurité civile et la restauration de l’ordre restent des priorités. Ce partenariat est perçu comme essentiel pour réduire la capacité opérationnelle des ADF et stabiliser des zones longtemps fragilisées par les conflits.
Perspectives et défis
Si ces succès militaires sont salués, des défis importants subsistent :
- La persistance d’attaques isolées des ADF dans plusieurs districts.
- La nécessité de renforcer la présence de l’État dans les zones libérées.
- Le besoin de programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) pour prévenir la reconstitution des groupes armés.
Dans un pays où l’instabilité armée perdure depuis des décennies, ces avancées militaires offrent une lueur d’espoir pour les populations civiles, tout en soulignant l’importance de maintenir une stratégie globale alliant sécurité, gouvernance et développement.
Schadrac Ofobi/Stagiaire