RDC–Rwanda : La MONUSCO salue un tournant diplomatique majeur entériné à Washington

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La MONUSCO a officiellement salué l’entérinement de l’Accord de paix RDC–Rwanda et du Cadre régional d’intégration économique, signés à Washington sous facilitation américaine. Un signal fort, qualifié par la mission onusienne de « nouvelle opportunité historique » pour stabiliser l’est de la RDC et relancer la coopération régionale.

Selon les analyses publiées ces dernières heures par Reuters, AP News et des experts consultés par Jeune Afrique, cet accord s’inscrit dans une séquence diplomatique intense menée depuis octobre, marquée par des pressions internationales croissantes, un contexte sécuritaire extrêmement volatil et une volonté affirmée des États-Unis de peser dans la résolution du conflit.

Un accord attendu, signé sous l’égide de Washington

Paraphé par les présidents Félix-Antoine Tshisekedi et Paul Kagame, sous la supervision directe du président américain Donald Trump, l’accord prévoit :

  • un cessez-le-feu encadré et vérifié,
  • le désarmement des groupes armés, notamment les FDLR et les factions affiliées,
  • le retrait progressif des éléments rwandais du territoire de la RDC,
  • le retour organisé des réfugiés,
  • et un mécanisme économique transfrontalier destiné à réduire l’impact de l’économie de guerre dans les Grands Lacs.

La signature intervient après l’accord-cadre entre la RDC et l’AFC/M23 du 15 novembre 2025, essentiel pour désamorcer les combats au Nord-Kivu, et après l’adoption de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité, qui redéfinit le rôle de la MONUSCO dans la phase de transition.

MONUSCO : “Un passage de la confrontation aux solutions politiques”

Dans un communiqué relayé mercredi soir, le Chef de la MONUSCO par intérim, Bruno Lemarquis, a insisté sur le caractère déterminant de cette séquence diplomatique :« Ces accords offrent une opportunité concrète de passer de la confrontation à des solutions politiques. Leur mise en œuvre, de bonne foi, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC et de tous les États de la région, sera essentielle pour parvenir à une paix durable. »

Pour la mission, ce cadre inédit pourrait enfin :

  • rétablir la confiance entre Kinshasa et Kigali,
  • alléger les souffrances des civils,
  • stabiliser les zones de conflit chroniques,
  • et libérer le potentiel économique de la région des Grands Lacs, asphyxiée par trente ans de violences.

Un large soutien régional et international

La MONUSCO a salué l’engagement continu :

  • du Qatar, moteur du processus de Doha,
  • de l’Union africaine,
  • de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC),
  • de la SADC,
  • et du médiateur Faure Gnassingbé.

Selon Reuters, ces acteurs ont joué un rôle déterminant pour rapprocher les positions de Kigali et Kinshasa, alors que les tensions militaires restaient élevées sur plusieurs axes du Nord et du Sud-Kivu en novembre.

La mission appelle à maintenir ce soutien, estimant que le succès de l’accord dépendra d’un travail collectif, régulier et coordonné.

Dialogue, décrispation et inclusivité : conditions pour une paix durable

La MONUSCO recommande :

  • un dialogue continu entre les parties,
  • des mesures de décrispation entre communautés affectées,
  • une participation accrue de la société civile,
  • et des approches inclusives au niveau local, national et régional.

Pour la mission, la fin des combats ne suffira pas : la paix nécessitera des solutions politiques, des mécanismes de justice et un engagement réel à tourner la page de la confrontation.

Un mandat adapté pour les mois critiques à venir

Conformément à la résolution 2773 (2025), la MONUSCO s’engage à poursuivre :

  • la protection des civils,
  • l’appui opérationnel aux cessez-le-feu issus du processus de Doha,
  • les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration,
  • la stabilisation des zones affectées,
  • et l’accompagnement du retrait gradué de la mission, prévu pour 2026.

Conclusion un accord porteur d’espoir, mais soumis à l’épreuve du terrain

Pour les observateurs internationaux, cet accord marque l’un des gestes diplomatiques les plus ambitieux de la décennie dans les Grands Lacs.
Mais sa réussite dépendra d’une équation simple et redoutable :

  • Des engagements clairs.
  • Une mise en œuvre sincère.
  • Un contrôle international rigoureux.
  • Et l’implication des populations directement touchées.

La MONUSCO parle d’une “opportunité historique”.
Les prochains mois diront si elle deviendra, enfin, une réalité durable.

Deldique Nsasi

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