Conseil de sécurité : l’ONU, les grandes puissances et les ONG sonnent l’alarme sur la dérive régionale

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La crise sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo ne se limite plus au terrain : elle fait désormais vibrer les murs du Conseil de sécurité de l’ONU.
En quelques heures, les déclarations se sont enchaînées, révélant un consensus inhabituel :
la région des Grands Lacs est entrée dans une zone de turbulence majeure,
et les acteurs internationaux ne peuvent plus prétendre ne rien voir.

ONU : « La stabilité des Grands Lacs est menacée »

Devant le Conseil de sécurité, Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint chargé des opérations de paix, n’a pas tourné autour du pot :

« La stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs est menacée. »

Pour lui, les récents développements au Sud-Kivu, notamment la chute d’Uvira et l’avancée des groupes armés, révèlent un fossé alarmant entre les efforts diplomatiques et la réalité vécue par les civils.

Il évoque également un soutien “présumé” du Rwanda à l’AFC/M23 lors de la prise de la ville — un terme prudent dans la forme, mais lourd de sens dans le contexte actuel, surtout à la lumière des éléments confirmés dans les rapports de 2024 et 2025.

MSF : Une situation humanitaire “catastrophique”

Dans une intervention particulièrement directe, Mohamed Javid Abdelmoneim, président international de Médecins Sans Frontières (MSF), a décrit :

  • un système de santé à genoux,
  • des dizaines de milliers de déplacés sans accès aux soins,
  • des violences imputées à des éléments FARDC, à l’AFC/M23 et à d’autres groupes armés.

Un constat qui rejoint les alertes récentes des ONG sur les violences à répétition dans le Rutshuru, le Masisi et désormais au Sud-Kivu.

France : « Retrait immédiat des forces rwandaises »

La France, qui s’était montrée plus nuancée ces derniers mois, a durci son discours à New York.
Paris exige, sans ambiguïté :

« Le retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais »
et « la cessation des offensives de l’AFC/M23 ».

Une position alignée avec celle de plusieurs capitales européennes depuis l’intensification des combats d’octobre et novembre 2024.

États-Unis : Kigali pointé du doigt, nommément

Mais c’est Washington qui a créé l’onde de choc du jour.

Les États-Unis ne se contentent plus de dénoncer un appui indirect : ils accusent désormais directement le Président Paul Kagame d’avoir :

« planifié et exécuté la guerre dans l’Est de la RDC ».

Une formulation rare, lourde, et qui marque un tournant diplomatique majeur.

Washington promet d’utiliser « tous les outils à sa disposition » :
sanctions ciblées, restrictions militaires, pressions multilatérales et activation de leviers régionaux.
Et exige, comme Paris, le retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais.

Atmosphère générale : une crise locale devenue un risque international

Les interventions à l’ONU dessinent un constat clair :

  • la crise n’est plus seulement congolaise,
  • elle n’est plus seulement régionale,
  • elle devient un enjeu de sécurité internationale, avec un risque d’embrasement impliquant plusieurs États.

Le Conseil de sécurité, souvent critiqué pour son inertie, semble avoir franchi un seuil :
les masques tombent, les responsabilités sont nommées, et la pression internationale atteint un niveau inédit depuis 20 ans.

Deldique Nsasi

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